Paris peut-il conserver sa couronne européenne ? À deux jours de la finale de Ligue des champions face à Arsenal, l’IA donne un léger avantage au PSG. Selon le modèle prédictif du cabinet français Avisia, spécialisé dans la data et l’intelligence artificielle, le club parisien disposerait de 58 % de chances de l’emporter, contre 42 % pour Arsenal.

La prédiction est d’autant plus intéressante que le même modèle avait annoncé l’an dernier la victoire du PSG face à l’Inter Milan, finalement confirmée sur le terrain. Cette fois, l’IA anticipe une finale plus serrée, entre une équipe d’Arsenal très solide défensivement et un PSG supérieur dans la relance, la distribution et la capacité à créer le danger.

Pour établir cette projection, Avisia s’appuie sur son Avisia Player Index, un outil d’analyse statistique des performances sportives. Le modèle croise plusieurs critères : valeur collective de l’équipe, niveau individuel des joueurs, opposition des styles de jeu, expérience, forme physique ou encore compatibilité entre les forces des deux formations.

« Chez Avisia, notre cœur de métier est de comprendre le contexte, le sujet et le besoin avant de développer toute forme de modèle », explique Julien Legavre, responsable Data & Sport chez Avisia. « C’est ce que nous avons reproduit dans le sport : lister les critères importants d’un match, puis les combiner pour créer un modèle de data science qui apprend du passé. »

Arsenal verrouille, Paris déséquilibre

Selon l’analyse d’Avisia, Arsenal présente la structure défensive la plus stable d’Europe, avec une note moyenne de rigueur défensive de 74,3, contre 70,5 pour le PSG. Le club londonien s’appuie sur un bloc médian homogène, capable de concéder peu d’occasions, de fermer les espaces et de limiter les situations dangereuses.

Paris dispose toutefois d’autres atouts. Le modèle met notamment en avant la qualité de sa relance et de sa distribution, avec une note de 80,6, contre 72,8 pour Arsenal. Surtout, le PSG bénéficie d’individualités offensives capables de faire basculer une finale. Ousmane Dembélé obtient ainsi une note de 98 en mise en danger, tandis que Khvicha Kvaratskhelia affiche 89 en percussion et 83 en mise en danger.

Autrement dit, l’IA voit un duel entre deux forces opposées : la rigueur collective d’Arsenal d’un côté, la capacité parisienne à accélérer, créer et déséquilibrer de l’autre.

Un modèle déjà testé sur plusieurs grands rendez-vous

Le modèle d’Avisia avait déjà été sollicité lors de précédentes compétitions majeures. L’an dernier, il avait donné le PSG vainqueur face à l’Inter Milan avec 62,5 % de chances de victoire. Une tendance qui s’était confirmée sur le terrain, comme cela avait aussi été le cas pour ses projections relatives au Ballon d’or de l’année dernière. Avisia revendique également un taux de réussite de 80 % sur ses prédictions lors de la Coupe du monde de rugby 2023.

Cette prédiction ne signifie évidemment pas que la finale est jouée d’avance. Comme dans ses précédents travaux, Avisia cherche surtout à dégager une tendance statistique, en combinant des données individuelles, collectives et contextuelles. Les blessures, les cartons, les choix tactiques ou encore la pression d’une finale peuvent toujours modifier le scénario.

Pour autant, cette utilisation de l’IA illustre la place croissante de la data dans le sport de haut niveau. Les clubs, les staffs, les médias et les supporters utilisent de plus en plus les données pour mieux comprendre les forces en présence, anticiper les scénarios et préparer les confrontations.

« Nous allons continuer à travailler sur ces prédictions, notamment autour du Ballon d’or, qui sera forcément très influencé par la finale de la Ligue des champions et par la Coupe du monde à venir », conclut Julien Legavre. « Dans tous les cas, bonne finale à tous et espérons que le PSG donne raison à la data ! ». Reste désormais à savoir si le terrain donnera, une nouvelle fois, raison à l’IA.