Opération majeure de consolidation dans la French Tech. En effet, Ornikar, spécialiste de la formation à la conduite et de la sensibilisation à la sécurité routière, annonce le rachat de son concurrent En Voiture Simone. Les modalités financières de l’opération n’ont pas été dévoilées. Malgré cette acquisition, les deux marques seront maintenues.
Ce rapprochement permet de donner naissance à un acteur plus conséquent de l’éducation routière, le nouvel ensemble assurant couvrir plus de 10 % du marché total des auto-écoles en France. «Il reste 90 % du marché à aller chercher», sourit Philippe Maso y Guell Rivet, le patron d'Ornikar. Ce dernier préside que l’entreprise a commencé à considérer une opération de croissance externe l’an passé et c’est donc avec En Voiture Simone que les discussions ont été les plus constructives.
Avec plus d’un million d’élèves accompagnés chaque année et un réseau de plus de 3 000 enseignants indépendants, Ornikar jouit désormais d’une force de frappe plus importante. «Ensemble, nous franchissons une nouvelle étape en proposant un accompagnement plus complet, du code à l'assurance, au service de toutes les générations de conducteurs», se réjouit ainsi le successeur de Benjamin Gaignault à la tête de l’entreprise tricolore.
Partenariat avec Cosmobilis, actionnaire majoritaire sortant d'En Voiture Simone
Dans le cadre de cette opération, Ornikar annonce nouer également un partenariat avec Cosmobilis, actionnaire majoritaire sortant d'En Voiture Simone. L’auto-école en ligne avait intégré ce groupe européen de distribution physique et digitale de véhicules en 2021. Un mouvement qui visait à bâtir une offre mêlant financement et assurance pour aider les jeunes conducteurs à s’offrir leur première voiture.
C’est donc sur volet qu’Ornikar souhaite progresser avec ce nouveau partenaire. «Pour Cosmobilis, cette opération est structurante : en devenant le partenaire stratégique de l’ensemble combiné, nous adressons un marché de 100 000 jeunes conducteurs et 3 000 moniteurs au fort potentiel de croissance», complète Jean-Louis Mosca, PDG de Cosmobilis.
Un nouvel ensemble pesant près de 150 millions d’euros de revenus
En mettant la main sur son principal rival, Ornikar s’apprête à changer de dimension sur le plan financier. Après avoir fait le dos rond pendant la pandémie de Covid-19, la société avait réenclenché la marche avant en 2021 avec un tour de table de 100 millions d’euros.
C’est d’ailleurs quasiment le même montant (104 millions) du chiffre d’affaires réalisé par Ornikar l’an passé. Dans le même temps, En Voiture Simone avait engrangé 38 millions d’euros de revenus en 2025. Le nouvel ensemble peut donc légitiment ambitionner de franchir aisément le cap des 150 millions d’euros de chiffre d’affaires cette année.
Accélération en Europe
Après avoir tissé sa toile en France pendant une décennie, Ornikar songe à relancer son expansion à l’international. Après sa dernière levée de fonds en 2021, la société, qui compte désormais 276 salariés, rêvait de se lancer aux États-Unis, au Brésil, en Inde ou encore au Japon, mais le retournement du marché dans la tech, où l’accent a été brutalement mis sur la rentabilité au détriment de l’hypercroissance, avait poussé celle-ci à revoir ses plans.
Si Philippe Maso y Guell Rivet rêve toujours de déployer Ornikar sur des marchés lointains, comme la Chine et l’Amérique du Sud, «dans un temps ultérieur», il ne cache pas son appétit pour certains pays européens, comme l’Allemagne et l’Italie. «La France s’est plus vite adaptée que la plupart des pays européens. C’est en train de se passer en Allemagne et en Italie. C’est aussi déjà le cas au Royaume-Uni. Ce sont des marchés européens qui sont très intéressants», observe le dirigeant. «A l’étranger, ce ne sera pas de la croissance organique. Cela nous a pris 10 ans en France. Donc nous serons plutôt dans une logique d’acquisition en Europe», ajoute-t-il.
Quelques briques avaient d’ores et déjà commencé à être posées dans ce sens par Benjamin Gaignault, co-fondateur de l’entreprise tricolore, qui investit dans des «mini-Ornikar» en Europe au travers de son activité de business angel. Avec de potentielles acquisitions en ligne de mire pour s’étendre sur le Vieux Continent, Philippe Maso y Guell Rivet espère marcher dans les pas d’un acteur bien connu de la French Tech. «Nous sommes une plateforme qui a vocation à s’européaniser, mais ce n’est pas encore Doctolib. Est-ce qu’on réussira à faire pareil sur notre métier ? L’avenir le dira», conclut-il.