Depuis 2014, Innovorder développe toute une suite d’outils digitaux pensée pour les acteurs de la restauration collective et de la restauration commerciale. “L’idée dès le début était de créer une solution omnicanale, c'est-à-dire un seul système capable de gérer tous les canaux de vente d'un restaurant : la caisse, la borne de commande et la commande en ligne, sans que ces briques ne fonctionnent en silo”, explique Jérôme Varnier, le cofondateur et CEO de l’entreprise. Brique après brique, Innovorder est passé de 3 à 18 modules, embarquant au fil des années le click and collect, la livraison, le QR code à table,… 

L’entreprise prévoit de réaliser 15 millions d'euros de chiffre d'affaires cette année, essentiellement auprès de grands comptes. Ces clients sont en effet autant les grands noms du secteur de la restauration collective que des enseignes et franchises comme Amorino, Big Fernand ou Bagel Corner. Les collectivités et services publics (mairies, hôpitaux, etc.) sont aussi bien représentés dans le portefeuille client. La Mairie de Paris gère notamment ses 25 restaurants avec les technologies d’Innovorder.

40% de croissance l’an dernier

Rentable depuis 2024 et en forte croissance (+40% l’an dernier), la startup s'offre aujourd’hui les moyens de ses ambitions internationales, avec l'entrée au capital d'UL Invest, le family office de l’entrepreneur tech Laurent Useldinger. Celui-ci investit 20 millions d’euros, tandis que le family office lyonnais Evolem, investisseur depuis 2019, reste au capital. “Nous sommes autofinancés, nous n’avions pas besoin d'argent tout de suite. Mais cette opération permet de faire entrer un actionnaire qui partage notre vision long terme et qui va nous donner les moyens de déployer une stratégie ambitieuse de croissance externe”, souligne Jérôme Varnier.

À la faveur de cette levée de fonds, Jalel Souissi, co-fondateur d'Acrelec (une autre success story du secteur des technologies pour la restauration, cédée pour plusieurs centaines de millions d'euros) rejoint le board de l’entreprise, tout comme Stéphane Epin. Cet ancien associé du fonds de private equity européen Astorg apporte quant à lui son expérience du scaling et des opérations de croissance externe.

Des acquisitions en vue en France et en Europe

Avec ces 20 millions en poche, Innovorder affiche deux priorités. La première : la croissance externe. La scale-up envisage une ou deux acquisitions en France dans les 12 à 24 prochains mois, avec en ligne de mire des briques technologiques complémentaires et des équipes entrepreneuriales capables de renforcer le projet. Dans un second temps, à horizon 18 mois, une acquisition plus significative en Europe devrait ancrer l'empreinte internationale d'Innovorder.

L’ambition est de devenir un leader européen, en privilégiant une expansion organique dans le sillage de clients français déjà présents à l'international. Innovorder déploie ainsi actuellement ses solutions en Italie, en Suisse, en Angleterre et en République tchèque, en suivant des clients comme Elior ou Sodexo au-delà des frontières. “Aujourd'hui, il n'y a aucun acteur capable de gérer tous les canaux de vente dans tous les pays. C'est notre prochain grand pari”, explique Jérôme Varnier.

L’autre volet de cette levée concerne l'intelligence artificielle, un sujet sur lequel Innovorder travaille depuis 18 mois environ. Plusieurs cas d'usage concrets d’agents IA sont déjà en production ou en bêta. Par exemple, une flotte d'agents IA automatise intégralement le paramétrage, le suivi et l'administration quotidienne du logiciel, tandis qu’un outil d'analyse de données conversationnel, déployé auprès de quelques dizaines de clients, permet aux opérateurs de “dialoguer avec leurs données” pour générer des graphiques, des fichiers, des présentations à la volée, dans le but de mieux comprendre leurs ventes, gérer leurs stocks et piloter leurs équipes. 

D’autres cas d’usage, encore en développements, sont liés à la personnalisation de l'expérience client, à travers des interfaces et des offres promotionnelles adaptées au profil et aux habitudes de chaque consommateur.