La French Tech, ce n’est pas que Paris. Quand bien même l’Île-de-France capte les trois quarts des fonds lâchés par les fonds de capital-risque tricolores, certaines régions tirent leur épingle du jeu. C’est le cas notamment de l’Auvergne-Rhône-Alpes, qui est la deuxième place forte de l’écosystème tech français avec des pôles d’attraction comme Lyon et Grenoble.
Pour mettre en lumière le poids et le potentiel de cette région dans le paysage de la French Tech, France Digitale vient de présenter un mapping des startups situées en Auvergne-Rhône-Alpes, réalisé avec le soutien du fonds Mesh Ventures, de la French Tech Alpes (d’ailleurs présidée par l’actuelle directrice de la Mission French Tech, Julie Huguet, de 2020 à 2023) et de la French Tech Saint-Étienne Lyon. «Ce mapping montre la force d’un écosystème où recherche, industrie, talents et investisseurs avancent ensemble», observe Maya Noël, directrice générale de France Digitale.
Cette étude prend uniquement en compte les jeunes pousses créées depuis 2010, dont le siège social est basé en Auvergne-Rhône-Alpes, et qui présentent un modèle scalable avec une innovation de rupture ou un fort différentiel technologique. L’occasion de se rendre compte de la vitalité de ce territoire d’innovation, réputé pour son monde académique, son tissu industriel et ses startups deeptech qui sortent des laboratoires de recherche locaux.
Lyon et Grenoble concentrent la moitié des startups du territoire
Au total, l’Auvergne-Rhône-Alpes héberge 1 311 startups (sur les 18 000 que compte la France) qui ont levé plus de 7 milliards d’euros, selon le mapping de France Digitale. Dans le détail, 16 % évoluent dans le secteur de la santé, 11 % dans l’industrie, 8 % dans les technologies de la donnée et du cloud, et 8 % dans l’énergie. C’est le département du Rhône qui compte le plus de startups (611 pour 2,7 milliards d’euros levés), devant l’Isère (333 pour 3,6 milliards levés) et la Haute-Savoie (113 pour 80,5 millions levés). A noter que 70 % des startups de la région sont situées dans le Rhône et l’Isère.
Les trois départements hébergent les principaux hubs d’innovation de la région, à commencer par Lyon, qui écrase la concurrence avec 423 startups, dont beaucoup d’entreprises SaaS. Le chef-lieu de l’Auvergne-Rhône-Alpes devance Grenoble et ses 130 jeunes pousses, ainsi qu’Annecy et ses 57 startups. Néanmoins, c’est bien Grenoble, ville désignée «Capitale européenne de l'innovation 2026», qui brille surtout à l’échelle nationale avec son bassin deeptech et industriel. «Grenoble est presque la Silicon Valley de l'Europe», a d'ailleurs estimé Gary Shapiro, figure historique du CES de Las Vegas, en début d’année à Tech&Fest.
Depuis 2000, ce sont plus de 700 startups qui ont été créées sur le territoire grenoblois, avec en fer de lance le fabricant de batteries électriques Verkor. Ce dernier, qui a récemment reçu un coup de pression de Renault pour lui intimer de «redresser sa trajectoire industrielle» et d’avoir «une gouvernance crédible», s’était illustré en 2023 avec une série C de 850 millions d’euros dans le cadre d’un financement de plus de 2 milliards d’euros.
20 000 emplois directs
Grenoble et l’ensemble de la région jouissent d’un important réservoir de talents provenant d’universités, d’écoles d’ingénieurs et d’établissements d’enseignement supérieur de premier plan. Une aubaine pour les instituts de recherche académique et scientifique, comme le CEA-Leti, le CNRS et l’Inria, et les startups en quête de compétences de haut niveau pour se renforcer dans les secteurs de la deeptech, de la santé, de l’intelligence artificielle, de la micro-électronique ou encore des technologies industrielles.
Au total, les startups en Auvergne-Rhône-Alpes génèrent plus de 20 000 emplois directs. Un chiffre qui devrait continuer à grossir prochainement : près de trois jeunes pousses sur quatre de la région prévoient de recruter au cours des douze prochains mois. Surtout qu’une nouvelle génération d’entrepreneurs est en train d’émerger, puisque 37 % des startups identifiées ont été créées ces trois dernières années. Enfin, huit startups sur dix déclarent être déjà rentables ou envisagent de l’être dans les trois prochaines années. Ce qui augure des jours radieux pour l’ensemble de cet écosystème régional.