Sacré coup d’accélérateur à l’international pour BlaBlaCar ! En effet, la plateforme française de covoiturage annonce son extension dans 20 nouveaux pays sur quasiment tous les continents. Elle débarque notamment en Afrique du Nord ainsi qu’en Asie du Sud-Est. Cela va porter la présence mondiale de BlaBlaCar à 41 pays.

Dans le détail, l’entreprise tricolore va surtout passer la vitesse supérieure en Amérique latine. Un marché qu’elle connaît déjà avec le Brésil, où elle a enregistré plus de 25 millions de passagers en 2025, et le Mexique, où elle a dénombré plus de 6 millions de passagers l’an passé. BlaBlaCar va ajouter huit nouveaux pays dans la région, en se lançant sur les routes de l'Argentine, de la Bolivie, du Chili, de la Colombie, de l'Équateur, du Paraguay, du Pérou et de l'Uruguay.

Autre région du globe, l’Asie du Sud-Est aiguise également l’appétit de BlaBlaCar. Il faut dire que le pari de l’entreprise en Inde s’est avéré payant. Sans moyens colossaux, elle a réussi à passer un cap majeur dans le pays en 2025 : il s’agit désormais de son premier marché mondial, avec des pics à plus de 100 000 passagers par jour. Dans une région où les infrastructures de transport en commun peinent à absorber la demande, BlaBlaCar se dit qu’il y a une carte à jouer. La société lancé ainsi son service de covoiturage dans cinq nouveaux pays : l'Indonésie, la Malaisie, les Philippines, la Thaïlande et le Vietnam.

Le Maroc comme porte d’entrée vers l’Afrique du Nord

Plus proche de son marché domestique, BlaBlaCar va pour la première fois traverser la Méditerranée pour se lancer en Afrique du Nord. Assez logiquement, l’entreprise française a choisi le Maroc pour déployer ses activités, comme l’a d’ailleurs fait la plateforme de VTC Heetch il y a quelques années. «La France et l'Espagne abritent ensemble la majorité de la diaspora marocaine en Europe, forte de plusieurs millions de personnes», souligne BlaBlaCar pour justifier ce lancement. Le potentiel à exploiter est d’autant plus important que le Maroc accueillera la Coupe du monde de football en 2030, aux côtés de l’Espagne et du Portugal, un événement qui va drainer des millions de supporters entre ces trois pays.

Enfin, BlaBlaCar améliore son maillage en Europe. La plateforme débarque ainsi en Albanie, en Bosnie, en Bulgarie, en Grèce, en Macédoine du Nord et en Moldavie. Des marchés où l’offre de trains et de bus n’est pas toujours suffisante pour répondre à la demande locale. C’est donc l’occasion pour BlaBlaCar d’aller chercher quelques parts de marché supplémentaires sur le Vieux Continent.

Un déploiement géant piloté depuis Paris avec l’IA

Si BlaBlaCar double son nombre de pays d’un seul coup, ce n’est pas avec un coup de baguette magique. Quoi que celle-ci se nomme l’intelligence artificielle. En effet, la plateforme se lance dans une vingtaine de nouveaux pays sans débloquer de sommes astronomiques ou même mobiliser de personnel sur place. Localisation de l’application, traduction des contenus, service client, modération des contenus ou encore marketing peuvent désormais être automatisés.

C’est donc depuis Paris qu’elle supervise ce lancement sur de nouveaux marchés à moindres coûts, à l’aide d’outils d’IA qui lui permettent de gérer ses nouvelles filiales à distance. Une approche différente de ce que la plateforme avait fait jusque-là, en prenant le temps d'atteindre une masse critique sur les marchés ciblés pour mieux la monétiser, comme en Espagne ou au Mexique.

Avec un contexte favorable au covoiturage, en raison des prix du carburant qui ont flambé ces derniers mois à cause de la guerre en Iran, BlaBlaCar a logiquement voulu battre le fer pendant qu’il était encore chaud. «Notre modèle fonctionne parce qu'il répond à une réalité économique concrète. L'année dernière, les conducteurs ont économisé plus de 568 millions d'euros en partageant leurs frais grâce à BlaBlaCar. En nous développant dans 20 nouveaux marchés, nous offrons un potentiel de pouvoir d'achat considérable, et jusqu'ici inexploité, à des millions d’automobilistes», se réjouit Nicolas Brusson, co-fondateur et PDG de BlaBlaCar. Cette accélération à l’international est aussi un moyen de se relancer deux mois après avoir stoppé ses bus longue-distance, une activité qui était largement déficitaire.