13 ans après Criteo, une nouvelle pépite de la tech française va-t-elle débarquer à Wall Street ? L’hypothèse prend de l’épaisseur selon le Financial Times, qui assure que Ledger, licorne française spécialisée dans la sécurisation des cryptomonnaies, est plus proche que jamais d’une introduction en Bourse à New York. L’opération pourrait même avoir lieu dès cette année, selon des sources proches du dossier. Ces dernières précisent cependant que les plans pour cette entrée en Bourse pourraient encore évoluer dans les prochains mois.
Preuve que la machine en vue d’une IPO est tout de même bien enclenchée, Ledger a d’ores et déjà mandaté plusieurs banques d’affaires, à savoir Goldman Sachs, Jefferies et Barclays, d’après le Financial Times, pour tester l’appétence du marché pour la société tricolore fondée en 2014. Selon le quotidien britannique, l’entrée en Bourse de Ledger à Wall Street valoriserait l’entreprise à plus de 4 milliards de dollars. Lors de sa dernière levée de fonds, qui remonte à mars 2023, la société longtemps dirigée par Éric Larchevêque était valorisée à 1,5 milliard de dollars. Contactée par nos soins, elle n’a pas souhaité faire de commentaires au sujet d’une éventuelle IPO à Wall Street.
«L’argent est à New York pour les cryptomonnaies»
Si Ledger n’a pas encore précisé ses intentions boursières, Pascal Gauthier, son PDG depuis 2019, n’a jamais caché sa préférence pour les États-Unis pour évoquer une éventuelle cotation de son entreprise. «Aujourd’hui, l’argent est à New York pour les cryptomonnaies, il n'est nulle part ailleurs dans le monde, et certainement pas en Europe», avait-il ainsi déclaré au Financial Times en novembre dernier. Outre-Atlantique, la société tricolore est de plus en plus visible, notamment sur les parquets de NBA où elle est devenue cette saison le sponsor maillot des Spurs de San Antonio, où évolue un certain Victor Wembanyama.
Le contexte est d’autant plus favorable pour Ledger aux États-Unis, dans la mesure où plusieurs acteurs des cryptomonnaies ont récemment décidé de s’introduire en Bourse à New York, à l’image du dépositaire BitGo, de l'émetteur de stablecoins Circle et des plateformes d'échange Gemini et Bullish. Une dynamique encouragée par le retour à la Maison-Blanche de Donald Trump, qui a multiplié les signaux positifs vis-à-vis de la crypto-sphère au cours de l’année écoulée.
Devenir un gardien de l’identité numérique
De son côté, Ledger a quasiment tous ses voyants au vert. La société a écoulé plus de 8 millions d'appareils dans le monde depuis sa création et assure protéger plus de 20 % des crypto-actifs mondiaux et 27 % du volume global de stablecoins. Portée par la croissance de ses revenus dans les services, notamment avec l’application Ledger Live et sa branche B2B Ledger Enterprise, l’entreprise française est donc optimiste pour l’avenir. Parmi les quelques nuages qui planent au-dessus d’elle, figure notamment une fuite des données personnelles ayant touché certains de ses clients en raison d’une faille chez son prestataire e-commerce Global-e.
En octobre 2025, Ledger a dévoilé sa nouvelle vision pour acter son virage vers l’identité numérique. A l’occasion de son événement Ledger Op3n, qui s’est tenu à son siège au cœur du Marais, à Paris, l’entreprise française avait ainsi présenté le Ledger Nano Gen5, un nouveau produit pour sécuriser ses transactions de cryptomonnaies, mais aussi d’autres actifs numériques, comme l’identité, les smart contracts et les futures interactions avec des applications décentralisées.
Pour acter cette extension du champ d’action, Ledger veut abandonner le terme de «wallet» (portefeuille) pour lui préférer désormais la dénomination de «signer». C’est une manière pour l’entreprise française de se détacher d’une appellation purement financière pour donner à son nouveau produit une stature de gardien de l’identité numérique de son propriétaire. En débarquant à Wall Street dans les prochains mois, la licorne basculerait encore davantage dans une nouvelle dimension.