L’impact est à l’honneur cette semaine à l’occasion du salon ChangeNOW. Et comme chaque année désormais, l'indice Impact 40/120 est dévoilé durant l’événement. Lancé il y a deux ans par Impact France, il met en lumière les 120 startups à impact les plus prometteuses dans l’Hexagone, dont 40 sont susceptibles de devenir des licornes à impact, sur le modèle du Next 40/French Tech 120.
Cette troisième promotion a été dévoilée en présence d’Anne Le Hénanff, ministre en charge de l’Intelligence artificielle et du Numérique, au Grand Palais, à Paris. A cette occasion, l’interlocutrice privilégiée de la French Tech à Bercy s’est réjouie de la vitalité de l’écosystème tricolore à impact. «Encourager le développement des start-ups à impact est clé pour répondre aux enjeux stratégiques de transition énergétique, de transition générationnelle, de raréfaction des ressources et de cohésion sociale de notre pays», a-t-elle estimé.
La ministre était présente aux côtés du jury constitué notamment de Fabienne Arata (LinkedIn), Charlotte Souleau (Back Market), Frédéric Mazzella (BlaBlaCar), Moussa Camara (Les Déterminés) ou encore Brune Poirson (Udaan). Ce jury a eu la lourde tâche de sélectionner les 40 futures licornes à impact parmi les 120 sociétés retenues par les structures qui œuvrent pour l’impact dans la tech, à l’image de Diversidays, Les Déterminés, France Digitale, Ticket for Change, La Ruche, Make.Sense, Inco, France Active ou encore Singa sous la supervision d’Impact France.
Licornes à impact, Lucie Basch et IA
Dans l’indice des 120 startups à impact les plus prometteuses, on retrouve des noms bien connus comme Lokki, Teale, Geek, Underdog, WeeFin et Moka.Care. Au total, on dénombre 41 entreprises entrantes cette année, soit quasiment un tiers de renouvellement pour l'indice. Parmi elles, on compte notamment Bump et Hublo. Par ailleurs, certaines entreprises qui figuraient dans l’Impact 120 l’an passé, comme 900.care et Greenly, ont basculé vers l’Impact 40 qui regroupe les acteurs qui sont les plus susceptibles de devenir des «licornes à impact».
Contrairement au terme classique de licorne pour décrire les startups valorisées au moins un milliard de dollars, une licorne à impact est définie par Impact France comme une entreprise à impact ayant moins de 10 ans d’existence, qui génère plus de 50 millions d’euros de coûts évités pour la société par an (économies réalisées par la collectivité directement liées à l’activité de l’entreprise) et 1 milliard d’euros de valeur écologique ou sociale par an. Parmi ces licornes à impact, on retrouve des habitués de l’indice, à l’image de Verkor, Yuka, La Fourche, Fourgon, Joyeux, La Vie, Electra, Too Good To Go.
Figure majeure de l’impact en France, Lucie Basch, qui a d’ailleurs ouvert la Climate House fin 2024, est représentée avec deux entreprises : l’une dans l’Impact 40, à savoir l’application pour lutter contre le gaspillage alimentaire Too Good To Go qui s'est récemment lancée au Japon, et l’autre dans l’Impact 120, Poppins, startup lancée avec deux anciens de Too Good To Go pour proposer une application pour démocratiser le partage des objets du quotidien. Parmi les autres faits majeurs, on notera la présence de dix acteurs de l’intelligence artificielle ayant un impact social : Accenta, Altaroad, Cantoo, Incepto, Leakmited, Lixo, Orikio, Purecontrol, Satelia et Synapse.
51 % des startups lauréates ont une femme fondatrice
Sur le profil des lauréats, ils représentent plus de 18 000 emplois et ont enregistré une croissance de leur chiffre d'affaires de 17,5 % entre 2024 et 2025. 53 % ont une activité à l’international et 36 % sont déjà rentables. Au total, les 120 startups retenues ont levé en cumulé 7,4 milliards d’euros, soit 17,5 % de plus qu’en 2024, avec un montant moyen de 65,3 millions d’euros. Par ailleurs, 40 % de ces sociétés sont implantées en dehors de l’Île-de-France. 12 % sont basées dans un quartier prioritaire de la politique que la ville (QPV) ou en zone rurale. 38 % des lauréats disposent d’un statut ESS (Économie sociale et solidaire).
Sur le volet de l’inclusion, 51 % des startups sélectionnées ont une femme fondatrice. Pourcentage qui grimpe à 60 % pour les sociétés ayant plus de 40 % de femmes dans leurs équipes. Des chiffres qui soulignent que l’écosystème à impact est très proche de la parité par rapport au reste de la French Tech. Enfin, 6 % des fondateurs se déclarent en situation de handicap.
«Depuis 10 ans, nous avons des entreprises à impact qui se sont créées et développées pour apporter à l’économie française des innovations, de nouvelles manières de produire, de consommer, de manager, de se soigner… Elles ont fait les preuves de leur efficacité économique mais aussi de leur capacité à générer des coûts évités considérables à la société et à l’environnement», souligne Caroline Neyron, directrice générale d’Impact France. Avant d’ajouter : «L’enjeu aujourd’hui est de mobiliser acteurs publics et privés pour qu’elles deviennent de réels champions européens.»