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Que font les fonds ? Le portrait de Serena Capital

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Par Anais Richardin - 21 septembre 2017 / 00H00

Dans le paysage de plus en plus foisonnant de l'investissement, les fonds se multiplient... et ne se ressemblent pas. Parce qu'une levée ce n'est pas simplement encaisser de l'argent et surfer sur une bonne occasion de communiquer, nous avons décidé de brosser le portrait des fonds français pour aider les entrepreneurs à s'y retrouver et à choisir le bon investisseur. Premier de la longue série à venir : Serena Capital.

Créé en 2008 par Xavier Lorphelin, Marc Fournier et Philippe Hayat, Serena Capital compte dans son portefeuille des succès comme Lengow, Lafourchette, Prestashop, Dataiku ou encore Melty (36 au total). Fonds d’entrepreneurs, comme il en existe de plus en plus à l’instar d’Atomico, d’Isaï, de Kima Ventures etc. Serena Capital, 350 millions d’euros sous gestion, travaille depuis quelques temps sa singularité.

Preuve en est : le lancement en début d’année de Serena Data Ventures, son fonds européen dédié au big data et à l’intelligence artificielle doté de 80 millions d’euros. Sur une scène VC de plus en plus encombrée, Serena a également décidé de clamer haut et fort ce qui les anime : répondre du mieux possible à la question « comment accompagner au mieux l’entrepreneur?« 

On pourrait croire que c’est LA question que devrait se poser tout investisseur, mais force est de constater, si l’on écoute attentivement les murmures des startuppers, que c’est loin d’être une règle. Et tant mieux d’ailleurs, certains entrepreneurs préférant limiter au maximum l’implication de leurs investisseurs dans leur quotidien. « Nous ce qui nous amuse ce n’est pas de mettre de l’argent dans une boite mais de participer et d’aider, en se mettant au service de « , précise Xavier Lorphelin.

Des fonctions support comme aide à la croissance

C’est ainsi qu’est née chez Serena une « operating team » de personnes dédiées à l’accompagnement opérationnel, qui ne siègent pas au board et qui sont entièrement dévouées à aider les startups sur le sujet clé de l’exécution. « On ne les laisse pas apprendre en marchant, on leur donne les clés des le début, il faut s’assurer qu’on construit sur les bons fondamentaux« , ajoute l’investisseur. Un constat que partage Mickaël Froger, CEO de Lengow, l’une des participations de Serena Capital :

« C’est un vrai fonds d’entrepreneurs, ils sont tous motivés, proactifs et savent vraiment de quoi ils parlent. Ils ont un positionnement assez unique et t’apportent des fonctions supports mais aussi leur réassurance en plus de l’argent. Tu n’es pas tout seul avec tes millions et ça c’est important« 

L’idée ? Gagner du temps et s’épargner des erreurs bien sûr, mais surtout aider les startups à se concentrer sur leur produit et leur croissance. Mais si Xavier Lorphelin précise que l’operating team oeuvre en totale indépendance des VCs (mais en concertation avec eux), il n’en reste pas moins qu’un accompagnement aussi intense pourrait vite basculer dans de l’ingérence.

Une ligne rouge que ne semble pas franchir le fonds, qui ne s’adresse toutefois pas, selon Mickaël Froger, à tous les entrepreneurs : « ils investissent des tickets assez conséquents et sont capables de faire franchir un vrai cap à leurs participations mais ce n’est pas le choix que doit faire un entrepreneur pour qui l’accompagnement au quotidien peut poser problème, car ils sont présents. »

Une présence qui se traduit notamment par un rituel post-investissement : de l’amorçage à la série C, Serena Capital organise l’onboarding de son operating team, qui passe une à deux journées chez la startup pour voir quels sont les sujets opérationnels à régler. Marketing, R&D, communication, ressources humaines, administratif… autant de sujets portés par l’équipe multidisciplinaire de quatre personnes menée par Amélie Faure.

Dans cette logique de partage de connaissances, les participations de Serena ont également accès à des workshops thématiques sur des problèmes bien précis. Tous les C-level ont quant à eux accès à la Serena Squad, un outil de collaboration sur lequel l’équipe investissement n’a pas de vue.

Une arme pour attirer les meilleurs dossiers

Pourquoi investir sur une équipe qui ne soit ni des analystes ni des VCs ? « La bataille est plus dure aujourd’hui pour récupérer les bons dossiers à la bonne valorisation« , confie Xavier Lorphelin. Ce support opérationnel est un vrai différenciant sur le marché. En revanche c’est aussi un investissement, on ne met donc pas notre stratégie d’accompagnement en place si on a que 5 ou 10% du capital.« 

 » La bataille est plus dure aujourd’hui pour récupérer les bons dossiers à la bonne valorisation « 

Résultat : Serena Capital prend de moins en moins de co-investisseurs et lead la majorité de ses tours. S’il y a co-investissement, le fonds se tourne davantage vers des fonds complémentaires, qui ont une dimension internationale. L’un des enjeux majeurs des sociétés françaises étant le développement a l’international, Serena a ainsi ouvert deux hubs à New York et Singapour pour mieux aider ses participations à s’implanter sur de nouveaux marchés.

Serena Capital en bref

  • Création en 2008
  • 350 millions d’euros sous gestion
  • 36 participations
Par

Anais Richardin

21 septembre 2017 / 00H00
mis à jour le 13 novembre 2018
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