4 novembre 2019
4 novembre 2019
Temps de lecture : 4 minutes
4 min
14689

La France en tête des investissements européens dans l’IA en 2019

Selon une étude France Digitale - Roland Berger, les startups françaises de l’IA devraient lever le double de fonds par rapport à 2018. Un pas de géant pour l'Hexagone qui devrait à cette occasion détrôner le Royaume-Uni.
Temps de lecture : 4 minutes
Partager
Ne passez pas à côté de l'économie de demain, recevez tous les jours à 7H30 la newsletter de Maddyness.

Si les Français restent réticents à l’idée de travailler et d’être dirigés par des robots, l’intelligence artificielle n’est pourtant pas près d’arrêter sa course. C’est d’ailleurs tout le contraire : selon une étude France Digitale - Roland Berger dont les premières conclusions ont été dévoilées le 28 octobre, pour la première fois en 2019 les startups françaises de l’IA ont attiré plus d’investissements que les Britanniques ou les Israéliennes. 

D’après les projections de l’étude (seuls les chiffres du premier semestre 2019 étant pour l’instant disponibles), les jeunes pousses françaises de l’IA devraient récolter 1 268 millions de dollars d’ici la fin de l’année. C’est le double des fonds levés en 2018 (567 millions de dollars). 

Pour la première fois, la France devrait donc selon ces projections se placer juste devant le Royaume-Uni (1241 millions de dollars) et Israël (902 millions). Jusque-là, la Grande-Bretagne était l’indétrônable leader européen de l’intelligence artificielle en termes de fonds levés et de nombres de startups implantées. L’Allemagne, qui comme la France a presque doublé ses fonds investis dans l’IA, apparaît à la traîne avec 510 millions de dollars récoltés cette année. 

Ces derniers mois, l’Hexagone se posait déjà en solide concurrent. En février, les consultants de McKinsey lui reconnaissaient " un très bon vivier de compétences ". " Il n’en faudrait pas beaucoup pour que la France soit au niveau des meilleurs (et) prenne le lead sur le développement de l’intelligence artificielle au niveau européen ", poursuivaient-ils.

Une des pistes avancées alors ? L’investissement. Pourtant, en 2017, les startups françaises de l’IA faisaient déjà office de poids lourds des méga-levées, avec 10 tours dépassant les 10 millions de dollars et 5 tours les 20 millions. 

Quatre pays récoltent 80% des fonds levés

Le Royaume-Uni, la France, Israël et l’Allemagne sont d’ailleurs le quatuor de tête de l’intelligence artificielle sur le continent européen, réunissant à eux seuls 80% des fonds levés par les startups du domaine. Douze pays, principalement nordiques et baltes, viennent ensuite former un peloton avec des écosystèmes assez denses et un bon niveau de recherche en intelligence artificielle dans le secteur privé. 

La météo est donc plutôt favorables pour les startups françaises de l’IA, qui poussent comme des champignons par temps de pluie. Le mapping 2019 de France Digitale dénombre en effet pas moins de 432 jeunes pousses dans cette branche. Les domaines sont variés : robotique, monde de l’entreprise (support, marketing, ressources humaines…), santé, industrie pharmaceutique, adtech, fintech, agriculture, transports, big data et machine learning, hardware, commerce, etc. L’Hexagone en comptait 308 en octobre 2018

Beaucoup plus de fonds levés aux Etats-Unis pour beaucoup moins de transactions 

D’ailleurs, il ressort de l’étude que la plupart des investissements en France sont " maison " : près de trois quarts des fonds proviennent de l’Hexagone et seulement 16% de l’Europe. Une proportion bien plus important qu’au Royaume-Uni ou en Allemagne, où les locaux représentent deux tiers des investissements. Les fonds en provenance d’autres Etats européens comptent respectivement pour 29% et 17% de l’argent récolté pour l’IA dans ces deux pays. 

La topographie des levées de fonds européennes dans l’IA reste assez classique : de nombreux tours de table avec des tickets bien moins élevés qu’aux Etats-Unis. Sur le Vieux continent, le deal moyen est d’environ 4,6 millions de dollars, contre 24 millions outre-Atlantique. Le montant total des transactions s’élève à 9 milliards de dollars, soit près de cinq fois plus qu’en Europe. 

C’est particulièrement vrai en France, où la foodtech illustre bien, par exemple, ce tic de comportement des investisseurs. Si l’Hexagone concentre le plus grand nombre de levées de fonds entre 2014 et 2018 en Europe, les levées de fonds dépassant les 20 millions d’euros se comptent sur les doigts d’une main. 

Attention donc, relève l’étude, avec ce genre de mécanisme, à ne pas freiner la croissance des startups de l’IA et l’émergence de licornes. Une des pistes avancées par France Digitale et Roland Berger est la syndication des investisseurs.