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8 février 2021

Le fonds Go Capital s’attaquera bientôt à l’innovation maritime

Fonds spécialisé dans le financement d'entreprises de haute technologie installées dans la région Grand Ouest, Go Capital s'apprête à lancer deux nouveaux véhicules d'investissement. Dans son viseur, un domaine qui séduit encore peu les investisseurs : l'innovation maritime.

La crise n’arrête ni l’innovation, ni l’envie des investisseurs de faire des affaires. Le fonds Go Capital, tourné vers les startups deeptech situées dans le Grand Ouest, est sur le point de lancer deux nouveaux véhicules d’investissement d’un montant cumulé de 130 millions d’euros. Si la haute technologie reste son terrain de jeu, sa nouvelle cible est le secteur maritime.

Un élargissement des critères de son fonds de capital risque

La gestion de Go Capital s’articule autour de trois véhicules : le fonds Amorçage II, lancé en 2017 avec une valeur initiale de 60 millions d’euros, Loire Valley Invest et Ouest Ventures III doté d’une enveloppe de 100 millions d’euros. Ce dernier, ouvert en 2015, vient de terminer sa période d’investissement mais Go Capital entend bien poursuivre sur ce même segment. « Nous avons aujourd’hui des ambitions plus fortes » , souligne Bertrand Distinguin, directeur des investissements, pour présenter leur nouveau projet. Ouest Ventures IV va opérer quelques menus changements. Contrairement à son prédécesseur, qui s’intéressait uniquement à des sociétés installées en Bretagne et en Pays de la Loire, son petit frère va élargir son horizon à la Normandie et au Centre. « Nous pourrons aussi investir dans des startups hors de cette zone si une opportunité se présente » , détaille Bertrand Distinguin.

Les cibles resteront les mêmes, à savoir, des sociétés réalisant ente 1 et 20 millions d’euros de chiffre d’affaires par an, qui ne sont pas forcément rentables et adressent une solution en lien avec un des trois secteurs suivant : la santé – dispositif médical, nutrition mais pas biotechnologie -, les écotechnologies – engrais, agriculture – et le numérique B2B – telecom-.

Go Capital compte sécuriser 40 millions d’euros dans un premier temps pour lancer ce véhicule en mars 2021. Mais à terme, « nous visons un capital de 60 millions d’euros. Nos tickets seront un peu plus élevés que pour Ouest Ventures III avec des investissement de 5 millions d’euros ou plus, contre 1 à 3 millions d’euros auparavant » , précise la directeur des investissements. Le fonds compte sur ses soutiens et investisseurs historiques, à savoir des structures publiques comme Bpifrance, les collectivités et les régions ainsi que des banques et des entrepreneurs du Grand Ouest. « Les métropoles nous rejoignent aussi, des mutuelles et toujours plus de banques » , se réjouit l’investisseur.

L’innovation maritime, nouveau secteur en ligne de mire

Avec son second véhicule d’investissement, Blue Fund, dont l’ouverture est prévue au deuxième trimestre 2021, Go Capital mise sur la croissance bleue, c’est-à-dire, le domaine maritime. Le fonds ne navigue pas à vue. Il agit, en effet, comme délégataire de gestion pour Litto Invest et Mer Invest et a déjà effectué 18 opérations dans ce secteur. « Nous investissons depuis plusieurs années dans ce domaine et nous nous sommes rendus compte qu’il y avait un deal flow intéressant avec de belles pépites, un marché qui se développait bien et peu d’investisseurs positionnés sur le secteur », confie Bertrand Distinguin. Des propos qui rejoignent le constat de notre panorama sur l’OceanTech. À cela s’ajoute « une envie des corporate et des collectivités de voir les financements s’accélérer dans ce domaine. »

Avec Blue Fund, Go Capital financera des solutions portant sur la biologie marine (nutrition, santé), le transport et l’énergie (autour du monde maritime) ainsi que la cybersécurité et la gestion des données (détection des objets, satellites). « Les entreprises devront avoir une visée internationale » , souligne Bertrand Distinguin. Doté d’une enveloppe de 70 millions d’euros à termes, et 40 millions dans un premier temps, ce véhicule investira en amorçage et en série A des tickets compris entre 500 000 et 5 millions d’euros.« Nous avons une conviction sur ce marché là : le monde maritime va devenir un enjeu environnemental majeur au cours des 20 prochaines années » , conclut le directeur des investissements.