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2 novembre 2021
Web Summit

Web Summit : ce qu’il faut attendre de l’édition 2021

La grand-messe des startups et de la tech revient jusqu'au 4 novembre, à Lisbonne, en physique. Maddyness dresse les tendances de l’édition 2021 du salon européen.

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Après une édition entièrement virtuelle à cause de la crise sanitaire en 2020, le Web Summit revient cette année, toujours à Lisbonne, jusqu’au 4 novembre, et en physique cette fois-ci. Cet événement, qui rassemble entrepreneurs et investisseurs de l’écosystème tech, compte sur la participation de 40 000 personnes, 30 000 de moins qu’en 2019, avant la pandémie. Maddyness fait le point sur les grandes tendances d’un salon, qui va accueillir 1000 intervenants, plus de 1250 startups, 70 licornes – ces startups valorisées à plus d’un milliard de dollars, à l’image du patron de Sorare, Nicolas Julia, nouvelle star de la « French Tech » depuis sa levée de fonds record de 580 millions d’euros fin septembre.

Le Portugal, qui affiche un des taux de vaccination les plus élevés au monde, a levé le 1er octobre la plupart des restrictions sanitaires encore en vigueur.  « Tout le monde a été enfermé pendant si longtemps. Une grande conférence équivaut un peu à une fête » , a déclaré à l’AFP Paddy Cosgrave, organisateur en chef de ce « Davos des geeks » créé en 2010 à Dublin et qui se tient à Lisbonne depuis 2016.

Ce que la Tech doit à la Terre

Le Web Summit braque en 2021 les projecteurs sur le thème de l’impact et du développement durable dans l’écosystème, alors que l’événement se déroule en même temps que la COP26, en Écosse. « De plus en plus d’entreprises se positionnent sur ce segment, estime Clément Lepert, chef de projet chez Business France, qui dépêche une délégation de 29 startups au Web Summit. Ce sujet prend de l’ampleur avec les réglementations progressives et une nouvelle générations de consommateurs qui veut voir les entreprises se positionner sur ces sujets et des solutions concrètes émerger ». Pendant les trois jours du salon, près de 30 conférences et discussions tourneront ainsi autour de l’engagement des entreprises en ce sens, avec notamment une présentation de BitGreen, une alternative plus durable au Bitcoin, mais aussi des échanges autour de l’investissement à impact ou de l’usage de la technologie pour agir en faveur de la biodiversité.

Les ennuis de Facebook devraient alimenter les conversations cette année. Et pour cause : Frances Haugen, ancienne ingénieure du groupe et lanceuse d’alerte à l’origine des « Facebook Papers » —  des milliers de documents internes remis à l’autorité boursière américaine (SEC) montrent comment le groupe de Mark Zuckerberg était conscient du potentiel de nuisance de ses réseaux sociaux (contenus toxiques sur Instagram pour les adolescents, désinformation qui nuit à la démocratie) — a pris la parole lors de la cérémonie d’ouverture ce lundi 1er novembre, dénonçant l’attitude de l’entreprise de Mark Zuckerberg qui placerait le profit généré par ses réseaux sociaux (Facebook et Instagram) avant ses utilisateurs. La firme de Menlo Park aura d’ailleurs l’occasion de répondre à ces accusations puisque son vice-président, Nick Clegg, interviendra ce mardi, pour présenter les activités de Meta, le nouveau nom du groupe, et d’évoquer le développement de l’univers numérique « Métavers » de l’entreprise. « C’est ce genre de rendez-vous, qui permettent des confrontations entre lanceurs d’alerte et multinationales, qui rendent le Web Summit unique, se réjouit Clément Lepert. Cela montre aussi qu’on est dans un événement profondément européen, dans lequel la question des données et de leur protection est incontournable ». Considéré comme le prochain grand saut technologique dans l’évolution
d’Internet, le « métavers » sera donc l’un des thèmes de plusieurs conférences du Web
Summit.  « Je pense qu’une partie de la discussion tournera autour des questions: Dans quelle mesure est-ce du battage médiatique et dans quelle mesure est-ce réel ?« , pronostique Paddy Cosgrave.

Le futur du travail

La question du futur du travail sera également à l’honneur, avec un intérêt particulier porté au travail à distance. Ce thème d’actualité sera exploité à travers différentes discussions sur les tendances, défis et avantages des nouveaux modes de travail, et notamment sur la nécessité ou non de remodeler d’ores et déjà les contours du télétravail. « Ces échanges seront aussi l’occasion d’attirer l’attention sur la croissance du marché des logiciels, le Saas, qui s’est largement développé en période de crise sanitaire, au coeur du fonctionnement du travail de demain », souligne le chef de projet de Business France. 

Enfin, un dernier sujet est inévitable dans le contexte actuel pour l’écosystème et animera les discussions entre participants, celui de la guerre des talents et du recrutement. Car si les entreprises cohabitent dans une ambiance bienveillante dans les couloirs du salon, elles savent qu’elles sont en compétition pour dénicher les meilleurs talents de l’écosystème. « On est dans un contexte de pénurie des talents, du développeur informatique au commercial, et c’est sur cette valeur que repose la tech aujourd’hui, conclut Clément Lepert. On aura beau faire des levées incroyables, sans talent, plus d’entreprise qui cartonne, et ce sujet anime autant qu’il inquiète les entreprises présentes sur le salon ». 

Article écrit par Heloïse Pons
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