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Temps de lecture : 03'37''
15 mars 2022
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Levées, production… Bpifrance mesure les premiers effets de son plan DeepTech

Trois ans après son lancement, le plan DeepTech de Bpifrance commence à porter ses fruits. La banque publique se félicite de la progression des créations d’entreprises dans le secteur, tout comme les financements dédiés.

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« À l’image de ce qu’il s’est passé pour le numérique suite à la création de la French Tech, on peut s’attendre à des résultats tangibles pour la DeepTech d’ici à la fin de la décennie » , se projette Paul-François Fournier. À l’occasion d’une conférence de presse, ce mardi 15 mars 2022, le directeur exécutif Innovation de Bpifrance a dressé un état des lieux du plan DeepTech initié début 2019 par la banque publique d’investissement. « Ce programme est le deuxième étage de la fusée, qui doit favoriser le lien avec les centres de recherche pour faire avancer technologiquement les filières existantes. Par opposition, le numérique était un secteur entièrement nouveau » , indique Paul-François Fournier, qui pointe le fait que Bpifrance est fidèle au poste en matière de financements. 553 startups de la DeepTech se sont ainsi vu octroyer 569 millions d’euros au total, en 2021.

Financer, accompagner et fédérer

Doté de 3 milliards d’euros, le plan DeepTech ambitionne de doper le nombre de startups du domaine. L’objectif à l’horizon 2030, fixé par la loi de programmation de la recherche, s’établit à 500 créations d’entreprises annuelles. « Nous en sommes déjà à la moitié, puisque 250 ont été créées en 2021. Cela constitue une hausse de 26 % par rapport à 2020 qui était déjà, malgré la crise sanitaire, une bonne année pour le secteur » , relève Paul-François Fournier. Ce dernier met en avant la volonté croissante des jeunes chercheurs d’entreprendre.

D’après le directeur exécutif Innovation de Bpifrance, « 43 % ont fait part de leur intérêt auprès des présidents d’université, qui ont pris conscience de la création de valeur » pouvant s’ensuivre. « 70 % de leurs encadrants souhaitent davantage d’incitation à l’entrepreneuriat dans leur institution. » Témoignage concret, selon la banque publique d’investissement : la hausse du nombre de candidatures (+75 % sur un an) à son concours i-PhD – qui vise à récompenser les jeunes chercheurs porteurs de projets entrepreneuriaux mobilisant des technologies de rupture.

Autre point notable : si les startups du numérique se concentrent dans les grandes métropoles, celles de la DeepTech sont assez harmonieusement réparties sur le territoire. Un phénomène qui s’explique, en partie, par la création de Sociétés d’accélération du transfert de technologies (Satt) dans la quasi-totalité des régions métropolitaines. À l’instar de Conectus, en Alsace, elles sont chargées de repérer au sein des laboratoires académiques les technologies pouvant donner lieu à la création de jeunes pousses. « 80 % des DeepTech sont basées en régions » , avance ainsi Paul-François Fournier, pointant le fait que « 40 % des nouvelles startups DeepTech évoluent dans le secteur de la santé et 20 % dans celui de l’industrie ».

Bpifrance rappelle aussi jouer un rôle de fédérateur, au-delà de celui de financeur. La structure a fondé « la communauté DeepTech » , qui regroupe 504 startups à date, dans le but d’encourager l’entraide entre elles et de favoriser leur visibilité.

Les DeepTech, un levier de réindustrialisation

De quoi permettre à la banque publique d’investissement de remplir sous une autre forme son objectif de « dix licornes DeepTech d’ici à 2025 [il en existe cinq à date, selon elle : OVHcloud (cotée en Bourse), Exotec, Owkin (siège social aux Etats-Unis), Ledger et Shift Technology, N.D.L.R.] et la création de 100 sites industriels par an à l’horizon 2030″ . Paul-François Fournier juge que le domaine a le potentiel, aux côtés d’autres initiatives telles que la French Care, de prendre part à la réindustrialisation nationale appelée de ses vœux par le gouvernement. À noter qu’un plan complémentaire, nommé « Startups et ETI industrielles » , appuie la construction d’unités de production par les startups qui en ont besoin.

« Après Ÿnsect, dont l’usine sera inaugurée cette année (à Amiens N.D.L.R) , Aledia posera la première pierre de la sienne, se félicite le directeur exécutif Innovation de Bpifrance, qui y voit l’opportunité de fabriquer, puis d’exporter des produits à forte valeur ajoutée. Cela participera au rééquilibrage de notre balance commerciale. »

Les fonds d’investissement privés, eux aussi, se structurent. Au travers de son activité de fonds de fonds, Bpifrance accompagne leur maturation. « Si nous avons investi pas moins de 375 millions d’euros en direct dans les startups DeepTech en 2021, nous avons aussi injecté 401 millions d’euros dans des véhicules d’investissement spécialisés » , détaille Paul-François Fournier, citant les exemples de Lauxera Growth, CosmiCapital, Supernova Invest ou Jolt Capital.

Ensemble, ces acteurs ont permis aux DeepTech françaises de réunir la coquette somme de 2,3 milliards d’euros en 2021. Ce qui représente, d’après la banque publique d’investissement, une hausse de 91 % par rapport à 2020. Les jeunes pousses du secteur constituent, d’ailleurs, « près du quart du Next40«  – l’indice gouvernemental regroupant les 40 jeunes entreprises innovantes les plus prometteuses. Un signe de leur développement, qui s’accentuera alors que la DeepTech concentre déjà 24 000 emplois directs à travers le pays. Le plan d’investissement stratégique France 2030 y participera.

Article écrit par Arthur Le Denn
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