La «Startup Nation» a eu quelque peu du plomb dans l’aile en France en 2025, mais elle sera encore bel et bien au rendez-vous au CES de Las Vegas en ce mois de janvier 2026. Comme chaque année, la délégation tricolore sera l’une des nations les mieux représentées lors du plus grand salon mondial dédié aux technologiques grand public. Au total, ce sont près de 150 entreprises françaises qui seront de la partie, dont une centaine de startups tricolores. Ces dernières seront quasiment toutes réunies sur un grand pavillon France à l’Eureka Park, le «Disneyland des startups» au sein du Venetian.
Selon Business France, la France sera toujours la première délégation européenne au CES, alors que l’Italie, les Pays-Bas ou encore la Suisse ont accru leur présence ces dernières années. Avec une centaine de startups dans ses bagages, la délégation tricolore a quasiment la même envergure que l’an passé (110), mais elle est bien moins imposante qu’en 2018 et 2019, où la French Tech envoyait plus de 300 jeunes pousses sur le Strip de Las Vegas.
80 % des startups françaises présentes en 2026 sont déjà venues au CES
A l’image d’un Emmanuel Macron, qui avait fait sensation en janvier 2016 lors d’une soirée restée dans toutes les mémoires à «Sin City», les temps ont changé, et l’heure est davantage à des dépenses maîtrisées plutôt qu’à l’euphorie croissante qui agitait l’écosystème avant que la pandémie de Covid-19 ne fasse office de stress-test grandeur nature. Fait intéressant, 80 % des startups tricolores présentes l'an passé découvraient la démesure du CES pour la toute première fois. Cette année, c'est tout l'inverse : 80 % des jeunes pousses françaises sont déjà venues exposer au méga-salon américain. Prime à l'expérience dans ces temps troublés !
Pour rappel, un CES nécessite un certain coût. Entre les billets d’avion, l’hôtel, le stand et les différentes dépenses sur place, il faut compter entre 10 000 et 15 000 euros pour tenter d’en mettre plein la vue aux investisseurs et potentiels partenaires qui se baladent dans les allées. Et avec l’inflation particulièrement violente aux États-Unis, la facture ne cesse de flamber. Mais c’est le prix à payer pour s’offrir la possibilité de briller outre-Atlantique, à condition de maîtriser l’art du storystelling. En moyenne, le salon permet de générer 120 contacts utiles pour chaque startup qui y participe, mais 40 à 50 se révèlent vraiment décisifs à l’arrivée.
Une délégation tricolore (presque) unie
Cette année, 54 startups seront présentes sur le pavillon France à l’Eureka Park, tandis qu’une dizaine exposera du côté de l’immense West Hall du Las Vegas Convention Center, qui est devenu un véritable salon automobile au sein de l’énorme fourmilière technologique qu’est le CES de Las Vegas. Sans surprise, l’intelligence artificielle figurera parmi les secteurs les plus représentés chez les startups tricolores. Mais la santé, la cybersécurité ou encore la Smart City seront également à l’honneur. Parmi les habitués du méga-salon américain, on retrouvera notamment Withings, Skyted, YellowScan et Skwheel.
Si le pavillon France permet d’afficher un bloc uni aux yeux des visiteurs du monde entier pour défendre les couleurs tricolores, on pourra une nouvelle fois regretter que l’Auvergne-Rhône-Alpes ait choisi de faire bande à part. Avec 36 startups dans se besace, la région de Laurent Wauquiez débarque en force à Las Vegas. Parmi les startups de ce territoire réputé pour son écosystème deeptech, on retrouvera notamment Allergen Alert, pépite lyonnaise qui a figuré parmi les six derniers finalistes du Fundtruck 2025. Cette dernière a conçu un petit boîtier qui permet de tester ses aliments et d’éviter ainsi une grave contamination.
Si on peut se réjouir d’avoir de tels acteurs dans un événement majeur comme le CES, c’est tout de même dommage de ne pas jouer le jeu pour afficher un front tricolore uni, d’autant plus que l’approche régionale avait été abandonnée l’an passé sur le pavillon France pour mettre en place une approche sectorielle bien plus logique et lisible pour les visiteurs. Pas certain qu’un Américain arrive à placer l’Auvergne-Rhône-Alpes sur une carte…
Un étudiant de 22 ans et un Prix Lépine présents
En tout cas, les startups françaises tenteront une nouvelle fois de se montrer sous leur meilleur jour pour décrocher des contrats et ainsi remplir le carnet de commandes pour démarrer l’année de la meilleure des manières et s’offrir une bouffée d’oxygène dans une période où lever des fonds n’est pas une partie de plaisir. Sur place, Maddyness ira évidemment à leur rencontre pour prendre le pouls de ces jeunes pousses en quête du rêve américain le temps d’une semaine sur le Strip de Las Vegas.
Parmi les Frenchies, on notera la présence de Baptiste Huvelle, un étudiant de 22 ans qui a lancé Horama, une startup qui conçoit des solutions d’IA capables d’exploiter des images, des vidéos et des données visuelles, développées sur-mesure pour chaque métier et dans tous les secteurs. SeeHaptic (ex-Artha), société lauréate du Prix Lépine 2024, sera également de la partie pour dévoiler un dispositif combinant intelligence artificielle et retour haptique pour permettre aux personnes non-voyantes et malvoyantes de percevoir leur environnement sans passer par la vue. Une innovation qui est le fruit de huit années de R&D !
Bref, le décor est planté pour ce CES 2026. Une nouvelle fois, la Corée du Sud devrait débarquer en force à Las Vegas, tandis que les têtes d’affiche habituelles, comme Samsung, LG, Sony, ou encore TCL, seront attendues au tournant. Il y aura aussi une bataille d’influence sur le marché des semi-conducteurs avec les keynotes de Jensen Huang, le patron de Nvidia, et Lisa Su, la dirigeante à la tête du concurrent AMD. Et comme toujours, il y aura des produits insolites, voire farfelus, et des surprises à la hauteur de l’excentricité de Las Vegas !