La France reste en tête. Pour la septième année consécutive, l’Hexagone est le pays européen qui a attiré le plus de projets d’investissements étrangers en 2025, selon le baromètre EY de l’attractivité 2026. Avec 852 projets recensés, elle devance le Royaume-Uni, qui en compte 730, et l’Allemagne, à 548.

Cette première place s’inscrit toutefois dans un contexte de ralentissement. Le nombre de projets recule de 17 % en France par rapport à 2024, une baisse plus marquée qu’au Royaume-Uni, en Allemagne et qu’à l’échelle européenne.

Mais sur le volet technologique, la France se distingue dans l’intelligence artificielle. Selon EY, elle a attiré plus de projets étrangers liés à l’IA que les autres pays européens, avec 53 projets recensés en 2025, en hausse de 26 % sur un an. Parmi ces projets IA, 36 % concernent des data centers. Ce chiffre illustre la place prise par les infrastructures dans l’attractivité française, alors que les besoins en puissance de calcul et en hébergement augmentent avec le développement de l’intelligence artificielle.

La question énergétique devient ainsi centrale dans cette dynamique. Les besoins en calcul progressent rapidement, les data centers consomment des volumes croissants d’électricité, et les investisseurs cherchent des pays capables de leur offrir à la fois de la capacité, de la stabilité et une trajectoire bas-carbone crédible.

Dans cette équation, la France dispose d’un avantage structurel. Son mix électrique, largement décarboné grâce au nucléaire et aux renouvelables, devient un argument économique autant qu’environnemental. À l’heure où les grands groupes cherchent à réduire l’empreinte carbone de leurs infrastructures numériques, l’énergie française redevient un facteur fort d’attractivité.

Le Sommet de l’IA en toile de fond

Cette dynamique s’inscrit aussi dans le prolongement du Sommet pour l’action sur l’IA, organisé à Paris en février 2025. Emmanuel Macron y avait annoncé 109 milliards d’euros d’investissements privés dans l’IA, avec une place importante accordée aux data centers. Et l’Hexagone veut continuer d’accélérer en la matière.

Hier, Iliad, Ardian, Artefact, Bull, Capgemini, EDF, Orange et Scaleway ont annoncé la création du consortium AION, destiné à porter une candidature française dans le cadre du programme européen des gigafactories d’IA. Le projet, estimé à 10 milliards d’euros, vise à créer une infrastructure de calcul d’un gigawatt à terme, répartie sur plusieurs sites en France.

Ces atouts et ces initiatives ne suffisent toutefois plus, à eux seuls, à emporter les arbitrages sur les grands projets industriels et les centres de R&D. Selon EY, la compétitivité-coût, la simplicité administrative, la stabilité réglementaire et la lisibilité de l’action publique restent les principaux handicaps concurrentiels de la France aux yeux des dirigeants interrogés.

Le Royaume-Uni conserve par ailleurs une avance sur d’autres segments. EY souligne qu’il continue d’attirer davantage de projets dans la tech, au sens large. L’avance française dans l’IA apparaît donc comme un signal positif, mais encore partiel, dans la compétition européenne pour attirer les investissements technologiques.