Comme chaque année, le château de Versailles est devenu, le temps d’une journée, la vitrine de l’attractivité française. Ce lundi, Emmanuel Macron recevait plus de 200 dirigeants et investisseurs étrangers à l’occasion de la neuvième édition de Choose France, son grand rendez-vous économique destiné à attirer de nouveaux investissements internationaux dans l’Hexagone.
Pour le chef de l’État, ce sommet avait une résonance particulière. Il s’agit probablement du dernier Choose France de ses deux quinquennats. Depuis sa création en 2018, l’événement est devenu l’un des principaux outils de diplomatie économique de l’Élysée, en réunissant chaque année à Versailles des dirigeants de grands groupes internationaux, des investisseurs, des industriels et des acteurs de l’innovation.
L’Élysée promettait cette année encore un niveau record d’investissements. L’an passé, les annonces avaient déjà atteint près de 40 milliards d’euros, dans un contexte notamment marqué par les engagements pris dans l’intelligence artificielle après le Sommet pour l’action sur l’IA organisé à Paris en février 2025. Cette année, c'est plus de 93 milliards qui ont été annoncés.
SoftBank donne le ton dans l’IA
Parmi les premières annonces majeures, SoftBank a frappé fort. Le géant japonais de l’investissement technologique a annoncé un projet pouvant atteindre 75 milliards d’euros en France pour développer des infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle.
Une première phase, déjà sécurisée, prévoit 45 milliards d’euros d’investissements dans les Hauts-de-France d’ici 2031, afin de construire des data centers IA d’une capacité de 3,1 gigawatts. Trois sites sont notamment concernés : Dunkerque, plus précisément Loon-Plage, Le Bosquel et Bouchain.
“SoftBank Group prévoit également de développer d’autres sites en France, renforçant ainsi le rôle du pays comme l’un des principaux hubs européens des infrastructures numériques de nouvelle génération”, indique l’entreprise. Masayoshi Son, le PDG de SoftBank Group, doit rencontrer Emmanuel Macron à Paris en marge du sommet. Il s’agit du plus important investissement du groupe japonais dans les infrastructures d’IA en Europe.
D’autres grands dirigeants internationaux sont attendus à Versailles, parmi lesquels des représentants de Salesforce, SAP ou encore Databricks. Mais au-delà des annonces portées par les grands groupes étrangers, Choose France est aussi devenu un espace de visibilité pour l’écosystème tech français.
Une délégation French Tech à Versailles
Selon nos informations, une vingtaine de startups françaises étaient présentes à Versailles pour cette nouvelle édition de Choose France. Elles incarnent plusieurs secteurs jugés stratégiques par les pouvoirs publics, de l’intelligence artificielle au quantique, en passant par l’énergie, la santé, la finance, les batteries électriques ou les matières premières critiques.
Dans l’intelligence artificielle, la délégation comptait notamment Mistral AI, Ekimetrics, Scintil Photonics et Command AI. Leur présence illustre la place centrale prise par l’IA dans ce sommet. Depuis la première édition de Choose France, l’IA et la tech constituent le troisième secteur le plus représenté dans les projets annoncés, avec 27 projets, derrière la santé, 39 projets, et l’industrie, 28 projets.
Le quantique était également bien représenté, avec Quandela, Pasqal, Alice & Bob, dans le prolongement du deuxième volet du plan quantique annoncé par le Président de la République il y a une dizaine de jours.
Dans l’industrie et l’énergie, Verkor représentait la filière des batteries électriques, tandis que Calogena et Jimmy portaient les couleurs du nucléaire innovant. Carester, positionnée sur les terres rares, complètait cette dimension industrielle, dans un contexte où la sécurisation des chaînes d’approvisionnement est devenue un enjeu crucial pour l’Europe. La santé, la finance et les logiciels étaient aussi représentés par quatre licornes françaises : Alan, Qonto Pigment et Contentsquare.
Une vitrine politique autant qu’économique
Pour ces startups, Choose France ne constitue pas seulement une opportunité de visibilité. Le sommet leur permet aussi de croiser des dirigeants de grands groupes internationaux, des investisseurs et des responsables publics dans un cadre difficilement accessible autrement. À Versailles, les discussions se jouent autant dans les salons que dans les annonces officielles.
Comme à Davos, l’enjeu n’est pas uniquement de signer des contrats immédiats. Il s’agit aussi de renforcer des relations de long terme, de se positionner sur de futurs partenariats industriels, de mieux comprendre les priorités des grands donneurs d’ordre internationaux et d’inscrire la French Tech dans les grands récits économiques portés par l’État.
La France demeure par ailleurs le pays européen ayant attiré le plus de projets d’investissements étrangers en 2025, selon le dernier baromètre EY de l’attractivité 2026. Pour l’Élysée, Choose France doit donc permettre de prolonger cette dynamique.