La foodtech Ramdam Social ouvre son capital au grand public via une campagne de financement participatif sur Sowefund. La startup, qui reverse une partie de ses ventes à des associations pour lutter contre la précarité alimentaire, propose un ticket d’entrée à partir de 100 euros afin de fédérer une communauté d’investisseurs autour de son modèle. L’objectif annoncé est de lever 300 000 euros.

Lancée à Bordeaux en mars 2023 et révélée au grand public lors de l’émission « Qui veut être mon associé ? », la marque revendique aujourd’hui une présence dans près de 4 500 points de vente en France, notamment chez Carrefour, Franprix, Intermarché ou Monoprix, mais aussi dans des réseaux comme UGC, Pathé Gaumont ou Relais.

Cette traction commerciale repose sur un modèle simple : transformer un geste banal – faire ses courses – en levier de solidarité. À l’origine du projet, un constat simple. « Une personne sur trois en France est en situation de précarité alimentaire au point de ne pouvoir s’offrir trois repas par jour et, face à cela, 67 % des Français se disent indignés et prêts à agir », rappelle Julie Boureau, cofondatrice de la marque. Entre cette indignation et le passage à l’action, un fossé subsiste : tout le monde ne peut pas devenir bénévole ou donner régulièrement à une association.

7 % du chiffre d’affaires reversé aux associations

La startup a donc imaginé un modèle qui s’invite directement dans le caddie des consommateurs. « Nous avons voulu permettre à des citoyens volontaires d’aider des publics en difficulté simplement à travers leurs achats du quotidien », résume Julie Boureau.

Concrètement, Ramdam Social commercialise des produits de grande consommation fabriqués en France, comme des chips artisanales, des biscuits apéritifs, des plats cuisinés, cookies ou des protections périodiques, et reverse au minimum 7 % de son chiffre d’affaires à des associations partenaires. Ces contributions permettent de financer des dons très concrets, comme des soupes, des biscuits, des boissons chaudes ou encore des protections périodiques.

Les besoins sont définis avec plusieurs associations, dont le Samu Social de Paris, le Secours populaire, les banques alimentaires ou Don Solidaire. L’objectif est d’orienter les dons vers les produits les plus utiles, notamment les fruits et légumes, devenus plus difficiles à obtenir malgré les progrès de la lutte contre le gaspillage.

Ramdam Social travaille aujourd’hui avec sept producteurs français répartis sur le territoire, de Guérande à Carpentras. La marque propose une vingtaine de références, majoritairement alimentaires, complétées par plusieurs produits d’hygiène comme des serviettes périodiques. Elle emploie une quinzaine de salariés. 

Pour tenir son équation économique, l’entreprise doit concilier plusieurs impératifs : produire en France, rémunérer correctement producteurs et distributeurs, maintenir des prix accessibles et reverser une part de son chiffre d’affaires aux associations. « Lorsque nous avons conçu le projet, nous avons compris que le modèle ne fonctionnerait que si nous parvenions à concilier une juste rémunération des producteurs et une attractivité commerciale pour les distributeurs, sans alourdir le prix pour les consommateurs », explique Julie Boureau. 

Ramdam Social a ainsi choisi de limiter ses dépenses de R&D et de contenir ses coûts de communication autour de 8 % du chiffre d’affaires, un niveau proche de celui des grands acteurs de la grande consommation. L’objectif affiché est d’atteindre l’équilibre financier d’ici la fin de l’année, en s’appuyant sur des produits de grande diffusion comme les chips, consommées par près de 90 % des Français environ huit fois par an.

Devenir « l’Agneau de Wall Street »

Pour accélérer son développement, la startup souhaite désormais élargir sa base d’investisseurs et s'adresser au grand public. Après avoir réalisé deux levées de fonds pour un total de 1,6 million d’euros auprès d’Asterion, complétées par des financements Bpifrance et de la dette, la startup déploie une campagne d’affichage dans le métro parisien autour d’un slogan volontairement provocateur : « Deviens l’Agneau de Wall Street ».

Ramdam Social prépare également l’extension de sa gamme avec de nouveaux produits dédiés à la lutte contre la précarité infantile. « Aujourd’hui, quatre mille enfants dorment dehors en France et, aux Restos du Cœur, un bénéficiaire sur dix a moins de trois ans », rappelle la cofondatrice.

Avec plus de 1,5 million de dons générés, soit un don toutes les vingt secondes, la startup veut démontrer qu’une partie des 1 625 milliards d’euros de consommation annuelle des Français peut devenir un levier concret contre la précarité.

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