Les robots humanoïdes ont la cote cette année à VivaTech. Ils dansent, ils se baladent, ils font des galipettes et parfois même… ils pensent. En effet, le stand de HABS, souvent surnommé le «Neuralink» français, innove une nouvelle fois pour cette 10e édition du salon parisien.

Après avoir fait sensation l’an passé avec ses macarons qui permettaient de relever en temps réel les émotions suscitées par la dégustation dans le cerveau (joie, confiance, satisfaction…), la deeptech française, qui décrypte les ondes cérébrales pour détecter les émotions en temps réel, revient cette année avec une nouvelle expérience étonnante. Pour l’occasion, HABS s’est associé à Innov8, distributeur des robots humanoïdes du Chinois Unitree en Europe.

3 cartes pour 3 pensées différentes : le robot peut-il déceler la bonne ?

Les deux entreprises ont imaginé un dispositif où les visiteurs qui viennent sur le stand de HABS peuvent enfiler un bandeau bardé de capteurs pour analyser leurs ondes cérébrales pour tenter de faire devenir leur fond de pensée à un robot d’Unitree. Rassurez-vous, la machine ne va pas dénicher les souvenirs les plus enfouis de votre cerveau, comme un Détraqueur dans Harry Potter, mais elle doit (normalement) réussir à identifier à quoi vous pensez parmi trois options.

En effet, la personne qui tente l’expérience, après une phase de calibration (petit entraînement d’une minute pour permettre au bandeau d’avoir des «clés de déchiffrement» du cerveau), est invitée à tirer l’une des trois cartes proposées : la première renvoie à une personne qu’on aime, la deuxième à une musique qu’on aime et la troisième à un petit calcul de mathématiques. Lorsque l’expérience débute, la personne qui porte le bandeau doit tirer une carte et elle doit alors fermer les yeux en pensant très fort au sujet correspondant à cette carte.

En quelques secondes, le robot doit être capable d’identifier cette pensée. Si c’est le cas, il agite le bras et désigne l’une des trois cartes devant lui. Nous avons évidemment tenté l’expérience et elle s’est avérée concluante. Nous pensions à une chanson de Dua Lipa et le robot d’Unitree a réussi à la déceler. On vous laisse deviner laquelle…

«Montrer l’intelligence des robots»

Cette expérience un brin déroutante vise à mettre en lumière le potentiel de l’interface cerveau-machine, sans pour autant tomber dans l’extravagance d’une puce invasive qui pourrait susciter les pires angoisses, à l’image de la fameuse puce Neuralink d’Elon Musk. «L’an passé, nous montrions à quel point les robots étaient stables avec des exercices d’équilibre. Les gens étaient fascinés par les capacités hardware des machines. Cette année, on a voulu montré l’intelligence de ces robots, au travers de leur capacité à raisonner. L’idée est de montrer que nous sommes dans la première phase de cette intelligence robotique», explique Stéphane Bohbot, PDG du groupe Innov8. «C’est une opportunité pour mettre en lumière la compréhension des émotions par la machine. Finalement, on montre l’humanité du robot», ajoute-t-il.

Avec cette expérience de télépathie, Olivier Locufier, fondateur et CEO de HABS, espère à nouveau surprendre les visiteurs. Et à en croire les réactions du public quand nous avons testé le dispositif, cela semble bien parti. «Certains pourraient se dire que c’est de la science-fiction mais c’est bien réel !», lâche en rigolant le Breton, qui avait revendu sa startup spécialisée dans le chiffrement Xelios à Sagem en 2004. «HABS se positionne comme l’un des éléments clés pour la robotique et les World Models», ajoute l’entrepreneur français. AMI Labs, la startup lancée par Yann LeCun, est d’ailleurs centrée sur ces fameux World Models, qui désignent des systèmes capables de simuler le monde physique qui nous entoure pour prédire les conséquences de leurs actions, de manière à terme à pouvoir prendre des décisions autonomes.

De son côté, Stéphane Bohbot en est convaincu : les robots vont bientôt s’imposer dans le quotidien des Français et des Européens. «La robotique humanoïde va rentrer dans les foyers des gens d’ici 10 ans», prédit-il. «L’expérience que l’on présente aujourd’hui à VivaTech présage de la manière dont on va cohabiter avec les robots», ajoute le dirigeant. Avant de conclure sur le ton de l’humour : «L’année prochaine, le robot mangera peut-être un macaron !»