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À Grenoble, la Deeptech prospère grâce au dialogue entre recherche et entrepreneuriat

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Par Geraldine Russell - 09 novembre 2020 / 16H35

Grenoble a fait de la recherche fondamentale un véritable atout pour propulser des innovations de pointe sur le marché. Et incarne à juste titre une place forte de la Deeptech tricolore.

La recherche et l’entrepreneuriat ont longtemps parlé deux langues différentes. Et malgré la diversité de structures dédiées à assurer la traduction, la communication restait au mieux compliquée, au pire impossible. Mais les efforts ont fini par payer et les liens se resserrent. En témoigne la volonté des jeunes doctorant·e·s de se lancer dans l’entrepreneuriat, qu’ils et elles identifient comme une des principales voies pour valoriser leurs recherches. L’inauguration l’année dernière du startup studio de l’Inria a également contribué à rendre plus visibles les liens entre recherche et la « startup nation » chère au Président de la République.

On peut dater la prise de conscience de la nécessité de rapprocher ces deux univers autour de 2010, l’année lors de laquelle les premières Sociétés d’accélération du transfert de technologies (SATT) voient le jour. Aujourd’hui au nombre de 13 en France, elles se concentrent dans des pôles régionaux qui regroupent les ingrédients utiles à l’émergence d’un écosystème d’innovations de ruptures — la Deeptech : une forte implantation de laboratoires de recherche, évidemment, mais aussi un tissu entrepreneurial et industriel robuste. Malgré quelques déboires, notamment financiers, ces structures portent localement l’ambition des chercheur·se·s de voir leurs travaux s’incarner dans des solutions et produits déployés à grande échelle.

Rendre les liens entre recherche et entrepreneuriat plus fluides

Le bassin grenoblois, qui bénéficie de longue date d’une tradition de recherche dans les technologies de pointe, est particulièrement représentatif du rapprochement opéré entre les scientifiques de haut vol et le monde de l’entrepreneuriat. Qu’il s’agisse de créer une entreprise à partir d’un projet de recherche ou de nourrir l’innovation incrémentale des startups Deeptech grâce à la recherche fondamentale, Grenoble a les atouts pour répondre à tous les défis de ce dialogue.

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D’abord, faciliter l’accès des chercheur·se·s aux techniques et compétences de l’entrepreneuriat et des acteurs industriels. Car si les deux univers conversent, ils n’en gardent pas moins des codes très différents qu’il faut savoir accorder pour garantir une collaboration viable. « La startup est le meilleur média pour effectuer le transfert de technologies de rupture vers une entreprise parce qu’elle porte intrinsèquement la volonté de créer de nouveaux marchés » , s’enthousiasme ainsi Christine Vaca, directrice de l’incubateur de la SATT Linksium, qui opère sur l’ensemble du bassin grenoblois.

Reste que ce transfert se heurte à deux difficultés majeures : une culture de la recherche peu rompue aux process et temporalités de l’entrepreneuriat et une méconnaissance des dispositifs qui permettraient aux chercheur·se·s de surmonter cette difficulté. « Ce sont souvent des gens qui ont des projets très poussés, beaucoup d’idées, sans savoir comment les présenter à un comité d’investissement, par exemple, illustre Véronique Souverain, responsable de la communication de Linksium. Nous les aidons à identifier les points forts de leur projet. » La structure a aussi développé plusieurs dispositifs, comme le challenge Out of Labs, pour sensibiliser les chercheur·se·s à l’entrepreneuriat et, par effet miroir, permettre à des entrepreneur·se·s de mieux connaître les travaux de recherche qui sont prêts à être portés par des entreprises.

De son côté, le CEA, implanté à Grenoble depuis 1956, permet aux startups et aux industriels de la région – via sa direction de la recherche technologique CEA Tech – de profiter de l’expertise scientifique de ses chercheurs – et de la qualité de ses installations de pointe. Si la structure contribue elle aussi à créer des entreprises innovantes, elle assure également un continuum de l’innovation au-delà des premières phases d’incubation et de maturation. Et garantit le renouvellement d’un cercle vertueux, entamé bien avant que les startups Deeptech ne portent ce nom : c’est notamment grâce aux travaux du CEA que Soitec, spécialiste des semi-conducteurs, a pu voir le jour il y a 28 ans et devenir un poids lourd industriel dont l’innovation ruisselle aujourd’hui sur les entreprises plus récentes.

Identifier les bon·ne·s porteur·se·s de projet

Cette incarnation de l’entrepreneuriat dans la recherche et inversement passe également par l’identification de profils adaptés. Un défi, autant du côté des chercheur·se·s que d’entrepreneur·se·s potentiellement intéressé·e·s par la Deeptech.

« Les chercheurs doivent se positionner en tant que chercheur-entrepreneur, avec un rôle de fondateur opérationnel dans la future startup, ou faire le choix de rester dans leur laboratoire avec un rôle de conseiller scientifique auprès de l’entreprise » , postule ainsi Christine Vaca.

« Pour qu’ils puissent prendre leur décision, nous devons les éduquer à ce qu’est l’entrepreneuriat, une startup Deeptech et les rendre attentifs à toutes les notions de prise de risque associées. » Mais pas question non plus de confier des atouts scientifiques stratégiques aux premiers venus : « le time to market est très long et la Deeptech présente des défis techniques et marché qui s’ajoutent à la complexité inhérente à tout projet entrepreneurial » , prévient encore la directrice de l’incubateur.

C’est pourquoi Linksium a développé une plateforme de sourcing d’opportunités au sein de startups issues de la recherche et de personnes intéressées par l’entrepreneuriat. Reste à faire correspondre les bons profils avec les besoins spécifiques de chaque entreprise. « Il nous faut des personnes qui présentent des compétences complémentaires à celles des chercheurs, disponibles immédiatement et capables de s’autofinancer pendant la première phase du projet puisqu’elles ne sont pas salariées de la SATT, liste Christine Vaca. Cela intéresse tout particulièrement des quinquagénaires qui, en quittant une expérience précédente, se donnent les moyens de réaliser un rêve enfoui d’entrepreneuriat. »

Signe que le procédé fonctionne, la plateforme baptisée ShareK est aujourd’hui utilisée par trois autres SATT et a suscité l’intérêt d’un autre acteur structurant du secteur — dont l’identité n’est pas encore connue — pour en faire l’outil de recrutement par excellence des Deeptech à l’échelle nationale.

L’action combinée du CEA et de Linksium, ainsi que des nombreux acteurs locaux de l’innovation, porte ses fruits : le premier a contribué à l’émergence ou aux innovations de plus d’une centaine d’entreprises innovantes tandis que la SATT présente déjà 51 startups en portefeuille après seulement cinq ans d’existence. Parmi les plus belles réussites du bassin grenoblois, citons Aledia, Kalray ou Sublimed du côté du CEA, HProbe, OdonaTech ou Vulkam du côté de Linksium.

« Nous avons créées treize startups en 2019, avons déjà investi plus de 40 millions d’euros, égrène Véronique Souverain. Les premières années ont été dédiées à la montée en puissance de notre accompagnement mais nos startups vont commencer à lever des fonds conséquents. » Car c’est aussi là la grande force de ces nouvelles Deeptech : elles bénéficient d’un côté de l’excellence de la recherche française et de l’autre des facilités de financement de l’écosystème startup.

Par

Geraldine Russell

09 novembre 2020 / 16H35
mis à jour le 10 novembre 2020
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