Décryptage#deeptech
Temps de lecture : 02'54''
10 mai 2022
chimie
Trnava University

ChemTech : l’écosystème français compte 251 jeunes entreprises innovantes

France Chimie et Bpifrance dénombrent quelque 251 startups françaises actives dans la chimie. Un nombre en hausse alors que le domaine, large, regroupe FoodTech, BioTech et experts de l’énergie… mais ne compte, à date, aucune licorne.

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Elles sont à l’origine de technologies qui pourraient bousculer des secteurs aussi variés que l’alimentation, la biologie ou l’énergie. Les ChemTech, ces startups qui ont fait de la chimie leur cœur d’activité, se font de plus en plus nombreuses en France : selon un décompte réalisé par France Chimie et Bpifrance, elles seraient pas moins de 251 (document à télécharger ici). « Ont été recensées les entreprises innovantes du domaine créées à partir de 2005, explique ainsi à Maddyness Antonin Cobolet, responsable des relations corporate à Bpifrance. Certaines sont des scaleups, d’autres cotées en Bourse. Elles ont été retenues du fait d’une technologie de rupture. » L’écosystème reste « plus modeste » que son homologue allemand – un tel mapping n’a pas été réalisé outre-Rhin. Il serait toutefois en avance sur d’autres pays historiquement actifs dans le secteur, comme l’Italie.

Trois sous-catégories se distinguent

France Chimie, lobby dont la mission consiste à représenter les entreprises du secteur en France, et la banque publique d’investissement relèvent que les startups de la ChemTech appartiennent à trois sous-catégories principales. « Le domaine de l’énergie comprend 25 startups, et même jusqu’à 35 si l’on y intègre les problématiques liées aux batteries » , note Antonin Cobolet. Suivent les spécialistes de la formulation chimique (« chemicals » ), avec 21 jeunes pousses, puis ceux des procédés d’extraction qui sont au nombre de 19. D’autres catégories coexistent, à l’instar des applications en matière de santé. « Avec la raréfaction des ressources en trame de fond, qui est transverse » , assure aussi l’expert de Bpifrance. Et Vincent Mages, directeur du département des Affaires économiques, internationales et innovation de France Chimie, de pointer : « La chimie biosourcée, dans le cadre de laquelle les ressources fossiles sont remplacées en tout ou partie par des ressources issues de la biomasse, se développe plus vite en France (62 startups) qu’ailleurs. »

mapping chemtech

Les startups de la ChemTech auraient, selon le décompte de Bpifrance, levé la somme de 1,3 milliard d’euros depuis 2005. Elles ont été tirées par des opérations d’ampleur, telles que celles réalisées ces dernières années par Ÿnsect (300 millions d’euros), InnovaFeed (110 millions) ou Tissium (90 millions). « La France n’héberge cependant pas de licorne du secteur, observe Antonin Cobolet. Cela ne saurait tarder, car certaines de ces entreprises figurent au French Tech 120 ou au Next 40. »

Pour encourager le développement du milieu, Bpifrance a mis en place avec France Chimie la communauté La ChemTech pour en fédérer les acteurs. Grands groupes, petites et moyennes entreprises, startups… « L’objectif est de partager les clés de compréhension. Certaines startups peuvent constituer le partenaire idéal pour tel ou tel corporate » , indique Vincent Mages, convaincu que « les directeurs chargés de la R&D sont très attentifs » à ce type d’initiatives.

Le réseau La ChemTech entend également répondre à d’autres enjeux du secteur, par le biais de dispositifs financiers ou d’accompagnement. « La recherche reste, tout comme l’industrialisation et la réglementation, un défi, note l’expert de France Chimie, qui loue les efforts déployés par les différents acteurs pour mettre leurs forces en commun. Certaines PME mettent des espaces de production à disposition des startups en phase d’amorçage. » Les déchets créés par une startup pouvant constituer la matière première d’une autre, une dynamique vertueuse se met en place contre le gaspillage. « Le maillage territorial étant assez homogène, des opportunités de mise en relation existent » , martèle Vincent Mages, soutenant que « les différents acteurs, peu importe leur taille, s’apportent naturellement de la valeur » – aussi bien en matière de propriété intellectuelle que de financements. Et l’état des lieux dévoilé ce jour, amené à être enrichi à intervalles réguliers, constitue une base sur laquelle ces derniers peuvent s’appuyer pour structurer leur écosystème. Pour rappel, les DeepTech font l’objet d’un plan de soutien spécifique de la part de Bpifrance.

Article écrit par Arthur Le Denn
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