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#MaddyHELP Que font les fonds ? Le portrait d’Otium

#MaddyHELP : Que font les fonds ? Le portrait d’Otium
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Dans le paysage de plus en plus foisonnant de l’investissement, les fonds se multiplient… et ne se ressemblent pas. Parce qu’une levée, ce n’est pas simplement encaisser de l’argent et surfer sur une bonne occasion de communiquer, nous avons décidé de brosser le portrait des fonds français pour aider les entrepreneurs à s’y retrouver et à choisir le bon investisseur. Au tour d’Otium !

Nous voulons être un catalyseur pour aider les sociétés dans lesquelles on investit à grandir mais pas seulement financièrement.” Antoine Fine, partner chez Otium annonce d’emblée la couleur. Travailler au sein d’un fonds d’investissement ne signifie pas être un requin de la finance. L’investisseur peut d’autant mieux en témoigner qu’il a travaillé pendant sept ans dans le milieu des LBO, bien avant de rejoindre Otium. Et reste marqué par “cette forme de comédie” que les acteurs du secteur s’évertuaient à jouer pour conclure une opération. Aujourd’hui, c’est la transparence qui prévaut pour construire des relations saines et pérennes avec les sociétés dans lesquelles Otium investit.

Le fonds lancé par Pierre-Édouard Stérin, fondateur de Smartbox, a fait sa mue en 2014, lorsqu’il supervise la vente de LaFourchette à TripAdvisor. Le départ d’une partie de l’équipe permet de nouveaux recrutements et le fonds se structure autour de deux pôles : d’un côté la division “Brands”, dirigée par Antoine Fine, se concentre sur les secteurs de “l’économie réelle“, des loisirs à la FoodTech en passant par la mode ; de l’autre la division “Venture”, dirigée par Bruno Raillard, scrute les DeepTech, de la blockchain aux logiciels SaaS en passant par les marketplaces. “Nous cherchons à concrétiser notre vision de la société de demain, explique Antoine Fine. Nous investissons à la fois dans les outils qui pourront, à l’avenir, dégager du temps à l’humain et dans les produits et services grâce auxquels ce dernier occupera le temps qu’il se sera libéré.” Rappelons qu’en latin, “otium” évoque le temps libre dédié notamment dédié à la connaissance de soi.

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“On chasse plutôt qu’on attend”

Ce principe a composé un portefeuille de 23 startups, aussi éclectique que révélateur des tendances Tech actuelles : dans la partie “Venture”, Shippeo côtoie Payfit ou Stratumn alors que, côté “Brands”, Feed s’invite entre Weekendesk ou Laboté. Mais la stratégie est toujours la même : Otium veut mener le premier investissement dans une startup, puis laisse la main sur les séries A ou B. “On chasse plutôt qu’on attend“, sourit Antoine Fine. Ce qui permet au fonds, dans l’intervalle, “d’aider les entrepreneurs à exprimer leur talent“, en développant leurs compétences grâce à un suivi “constructif et bienveillant” mais aussi des ateliers thématiques et des rencontres avec d’autres entrepreneurs du portefeuille d’Otium.

En matière de produits et services, le fonds assume d’investir dans une logique d’exit : “les nouveaux entrants sur le marché de la FoodTech sont les seuls capables de disruption… mais les géants agroalimentaire ont, eux, les capitaux pour les racheter“, analyse Antoine Fine. Les rachats de LaFourchette par TripAdvisor ou de SmartFood par Nest attestent du pragmatisme de cette assertion. Mais c’est aussi le modèle d’investissement d’Otium qui encourage cette stratégie : le fonds dispose de 200 millions d’euros, répartis à raison de 20 millions d’euros par équipe et par an sur une durée de cinq ans. S’approchant du terme de son mandat, le fonds devrait “augmenter ses moyens” en sollicitant à nouveaux ses investisseurs pour continuer d’étoffer son portefeuille et augmenter ses tickets.

Autre défi pour 2018, pour la division Brands : “aider les entrepreneurs français à se lancer aux États-Unis“, notamment grâce à des investissements ciblés outre-Atlantique. Et, en plus de la mobilité, du sport et de la FoodTech qui ont occupé Otium en 2017, le fonds parie en 2018 sur les technologies liées à la Smart City mais aussi les produits et services dédiés aux seniors et aux enfants, dans la santé ou l’éducation. Parce que la société de demain nous concerne tous.

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