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1 — Les préoccupations écologiques touchent (enfin) la Tech
2 — Mounir Mahjoubi cède sa place à Cédric O
3 — Haro sur les trottinettes
4 — Le Next 40, l'effet d'annonce
5 — La parité dans la Tech, le combat de l'année
6 — La France met le hola aux Gafa
7 — Toujours plus d'argent pour la startup nation !
8 — L'écosystème lyonnais à l'épreuve du feu
Innovation

Next 40, écologie et trottinettes : qu’est-ce qui a marqué l’année 2019 ?

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Par Geraldine Russell - 18 décembre 2019 / 21H00

L'année 2019 a été riche en combats, mobilisations, grands changements. Pour le pire ou le meilleur ? Maddyness fait le bilan.

Les préoccupations écologiques touchent (enfin) la Tech

C’était le phénomène de l’année ! N’en déplaise à ses détracteurs – Laurent Alexandre en tête – la Suédoise Greta Thunberg a été élue personnalité de l’année par le Time. Et pour cause, l’adolescente a été sur le pied de guerre toute l’année pour alerter sur l’urgence climatique et mobiliser entreprises et autorités sur la question. Avec les résultats que l’on connaît : sous la pression de centaines de milliers d’adolescents descendus dans la rue pour exiger des « boomers » qu’ils leur transmettent une planète dans un état correct, la Tech a fait son mea culpa et cherche désormais à lutter contre sa propre pollution.

Plus besoin d’être un grand groupe pour se mobiliser pour la planète. Par nécessité marketing ou véritable préoccupation écologique, les startups ont très vite rejoint le mouvement. The Galion Project leur a fourni un guide pour devenir plus éco-responsables et les jeunes entreprises sont de plus en plus nombreuses à adopter des pratiques green friendly. Emballage cadeau à recycler en déco, guide de voyage écolo, vélo électrique… Même le serial entrepreneur Marc Simoncini s’y est mis. De quoi convaincre les entrepreneurs les plus sceptiques de passer le cap de la startup durable si elle veut perdurer.

Est-ce que ça va durer en 2020 ?

Oui. Il y a peu de chances que l’urgence écologique s’éteigne d’ici le 31 décembre et que la planète soit miraculeusement sauvée du réchauffement climatique, de la pollution des océans ou de l’omni présence des émissions carbone. Et puis, ce serait le moment pour la Tech de montrer qu’elle peut (vraiment) rendre le monde meilleur.

Mounir Mahjoubi cède sa place à Cédric O

C’était l’événement du printemps pour les startups françaises. Leur représentant au gouvernement, Mounir Mahjoubi, a rendu son tablier pour se lancer dans la course à la Mairie de Paris. Fin de parcours au sein de l’exécutif, donc, pour le geek surdoué de la politique qui a entre temps rejoint les équipes de Benjamin Griveaux, lui aussi ancien du gouvernement et parti à l’assaut de l’Hôtel de Ville de Paris. Les deux hommes se rejoignent notamment sur la question de la politique d’innovation, qui doit être portée par la ville pour bénéficier à l’ensemble de l’écosystème.

Il a été remplacé par Cédric O, ancien conseiller du président de la République pour le numérique. Plus discret mais réputé plus calé sur ses dossiers que son prédécesseur, il a préféré oeuvrer en silence cette année après avoir dévoilé une feuille de route sans direction et avoir témoigné de son admiration pour Mark Zuckerberg. Sous sa houlette, plusieurs projets de grande ampleur lancés par son prédécesseur ont vu le jour, à l’instar du Next 40, de la refonte de la French Tech et de certains dispositifs comme French Tech Diversité devenu le French Tech Tremplin.

Que peut-on attendre pour 2020 ?

Cédric O devrait continuer sur sa lancée. Il a encore fort à faire pour fluidifier les relations entre startuppers et administrations, faciliter les recrutements de talents étrangers et porter les startups vers l’international. Un certain nombre de réformes ont déjà été annoncées voire ont déjà été mises en place (évolution du French Tech Visa, création de France Export…). Ne reste plus qu’à en voir les effets !

Haro sur les trottinettes

Les trottinettes électriques en libre-service avaient commencé à se déployer dès 2018. Mais le flou réglementaire avait sinon contenu leur essor, au moins freiné leur prolifération. Début 2019, l’engouement des utilisateurs a laissé entrevoir un marché à plusieurs dizaines de milliards d’euros, attirant entrepreneurs et investisseurs. Au point de transformer les grandes villes en jungles. Ce qui semblait constituer un marché en or devenait alors la cible des autorités municipales et des législateurs, impatients de mettre un terme au chaos urbain. Fin octobre, un décret édictait finalement quelques règles simples pour mettre tout le monde au pas – celui du Code de la route, jusque-là oublié de la plupart des utilisateurs.

À l’image du conflit taxis-VTC d’il y a quelques années et après l’alerte survenue lors de la déferlante des services de vélos en libre-service, cette nouvelle solution de micro-mobilité cristallise toutes les problématiques que rencontrent aujourd’hui les startups dont les usages présentent des répercussions sur l’espace public : comment favoriser l’innovation sans laisser la porte ouverte à toutes les dérives ? comment peut-on encourager les solutions de mobilité individuelle peu polluante sans que celles-ci ne détériorent les lieux de vie en communauté ? et comment tendre vers un modèle de croissance vertueux pour tous – y compris pour les juicers ?

Que peut-on attendre pour 2020 ?

Encore quelques remous. D’abord parce que certaines règles édictées par le décret n’entreront en vigueur qu’en juillet, notamment la verbalisation pour défaut de manque de système de freinage adapté. La Mairie de Paris doit également choisir les quelques opérateurs qu’elle autorisera à circuler sur son territoire, tandis que les autres deviendront de facto indésirables. Mais la démocratisation des usages pourrait aussi laisser penser que piétons, automobilistes, cyclistes, motards et utilisateurs de trottinettes finiront par s’habituer les uns aux autres. Et ainsi circuler en paix.

Le Next 40, l'effet d'annonce

C’était le dossier chaud de la rentrée. Non pas que les noms des 40 entreprises figurant dans le Next 40, dévoilé mi-septembre, aient été très surprenants. Mais parce qu’il planait encore de nombreuses incertitudes autour de ce qui était présenté comme le petit frère numérique du CAC 40. Au final, c’était beaucoup de bruit pour… pas grand chose. Les fameux avantages liés à la présence des entreprises dans le classement restent pour l’instant utilisés de manière confidentielle et les scaleups choisies n’avaient pas attendu d’être sélectionnées pour communiquer sur leurs développements. Bref, rien de neuf sous le soleil ?

Pas tout à fait. La levée de rideau sur le Next 40 a contribué à libérer la parole des détracteurs de la French Tech. Entre les uns qui raillent le goût des Français pour les licornes tape à l’oeil plutôt que pour les indicateurs économiques plus réalistes et les autres qui interrogent les critères de sélection si ce n’est opaques du moins flous de l’opération, ils ont été nombreux à rappeler que l’innovation française ne se limite – heureusement – pas au Next 40. D’autant qu’en matière de barrières à l’entrée, ses représentants ne figurent pas parmi les meilleurs élèves

Que peut-on attendre pour 2020 ?

D’abord la liste du French Tech 120 – nom calqué sur le SBF 120 – qui doit être dévoilée en janvier. Contrairement aux 40 premières entreprises, il pourrait y avoir quelques belles surprises parmi ces numéros complémentaires. Mais surtout, on espère des clarifications sur la façon de fonctionner de ces « indices » : seront-ils mis à jour chaque année, comme cela avait un temps été évoqué ? Y aura-t-il des indicateurs publics de suivi des entreprises qui y figurent ? Autant de questions pour l’instant en suspens.

La parité dans la Tech, le combat de l'année

C’était l’éléphant dans la pièce que personne ne voulait voir. En 2019, femmes et hommes ont finalement mis les pieds dans le plat : oui, la Tech a un problème de parité (et, plus largement, de diversité). Au printemps, le mouvement Sista a rappelé qu’il fallait compter les femmes pour que les femmes comptent – et pour que les comptes de leurs entreprises se remplissent aussi facilement que ceux des hommes. Dans le capital-investissement aussi, les progrès sont poussifs, bien que salués par l’écosystème. Même sur le ton de l’humour, ouf, ça va mieux en le disant : dans la Tech, les femmes rencontrent plus d’un plafond de verre !

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Cette problématique cruciale pour la Tech a bénéficié en 2019 d’une exposition inédite : dans les médias, dans les discours des entrepreneur·e·s mais aussi des investisseur·e·s et grâce à la volonté politique affichée par Cédric O et la French Tech de faire bouger les lignes en la matière. 2019 aura constitué à cet égard un tournant dans la bataille des femmes pour la parité.

Que peut-on attendre de 2020 ?

Les fruits de tous ces efforts ! Davantage de startups créées par des femmes, davantage de femmes dans les fonds d’investissement (dans les équipes d’investissement et au rang de partners, pas seulement en tant qu’office managers…), que les levées de fonds des startups fondées par les femmes se multiplient et que leurs tickets augmentent. Bref, un peu plus de parité dans ce monde testostéroné.

La France met le hola aux Gafa

Là aussi, c’est un tournant. Certes la France a toujours été vigilante à ne pas laisser les Gafa prendre trop leurs aises sur son territoire. Mais en 2019, elle s’est montrée pionnière dans la résistance qu’elle leur a opposée. Face aux atermoiements de l’Europe et de l’OCDE sur une éventuelle « taxe Gafa« , l’Hexagone a pris ses responsabilités pour aller au bout de son idée et a voté, en juillet, un dispositif de son cru. De quoi provoquer l’ire de Donald Trump. Amazon est resté dans le collimateur de Mounir Mahjoubi même après son départ du gouvernement et s’est fait épingler par les autorités. Et la mairie de Paris a élargi ses attaques à l’ensemble des plateformes plutôt que de se concentrer sur Airbnb.

Sale temps pour les géants ! La France a cette année montré les dents face à ceux qui imaginaient pouvoir façonner le marché à leur image. Dans l’optique de créer un modèle européen concurrent des modèles américain et chinois, les autorités mais aussi l’écosystème français ont fait front pour faire émerger la Tech for Good et donner davantage de visibilité aux modèles de croissance vertueux – si possible made in France.

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Que peut-on attendre de 2020 ?

On ne lâche rien ! C’est tout l’enjeu de ce bras de fer : les Gafa savent qu’ils ont de leur côté les utilisateurs, habitués à converser sur Messenger, commander via Prime et googler n’importe quel nouveau terme ; mais plus la France restera ferme sur ses appuis, plus la relation tendra à se rééquilibrer. Surtout si elle arrive à faire émerger des géants, véritables alternatives aux monopoles en place. Les regards seront donc notamment braqués sur Qwant, qui peine à émerger face à Google.

Toujours plus d'argent pour la startup nation !

C’était une demande de longue date des scaleups comme des investisseurs : renforcer le maillon late stage de la chaîne de financement. Si la France sait créer et faire émerger de jeunes pousses, elle a encore du mal à les faire croître suffisamment jusqu’au point de les transformer en géants mondiaux. Comment éviter alors qu’elles ne partent chercher des investisseurs de l’autre côté de l’Atlantique, au risque de les voir quitter l’Hexagone ? L’Élysée s’est penché sur la question dès le début d’année et a précipité ses annonces après la remise du rapport Tibi, particulièrement critique sur la question.

Macron est donc venu au secours des entrepreneurs de la Tech. Une pluie de capitaux s’est alors abattue sur l’écosystème : quelque 5 milliards d’euros devraient être débloqués dans les prochains mois pour financer des méga-levées – à l’image de celle de Meero au printemps. Une partie des fonds provient des caisses de l’État via Bpifrance mais la grande majorité sera apportée par des assureurs et des capital-risqueurs. Des annonces applaudies par l’écosystème… qui attend néanmoins avec beaucoup d’impatience les résultats de ce plan de financement inédit.

Que peut-on attendre de 2020 ?

Des méga-levées en pagaille. Les tickets à plus de 100 millions d’euros devraient mécaniquement se multiplier, contribuant à faire émerger des licornes françaises. Surtout, les institutionnels entrant dans la course, les exits devraient se multiplier – à des niveaux inédits, espère-t-on. Ces annonces devraient donc in fine bénéficier à l’ensemble de l’écosystème : les tickets moyens devraient augmenter, dopés par les perspectives d’exit.

L'écosystème lyonnais à l'épreuve du feu

On s’en serait bien passé mais c’était indubitablement le drame de l’année : l’incubateur Bel Air Camp, figure de proue de l’écosystème lyonnais a été ravagé par les flammes en octobre. Quelque 80 entreprises ont été touchées, devant trouver de nouveaux locaux et, pour certaines, reconstituer un stock de produits parti en poussière. De quoi rappeler de sombres souvenirs aux entrepreneurs nantais, qui avaient eux aussi subi la loi du feu en 2016, lors de l’incendie de La Cantine.

Que peut-on attendre de 2020 ?

Que du positif. La plupart des entreprises concernées ont déjà été relogées et ont pu reprendre leurs activités. Les moins chanceuses – ou les plus patientes ? – doivent intégrer de nouveaux locaux dans les prochains jours. Et la branche Business de l’incubateur doit rouvrir début janvier, à quelques minutes de l’ancien site. Du côté de l’incubateur, un nouveau bâtiment doit voir le jour en 2022. Pour cette nouvelle année qui s’annonce, on souhaite à la structure et à ses startups de revenir encore plus fortes !

Par

Geraldine Russell

18 décembre 2019 / 21H00
mis à jour le 19 décembre 2019
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